
Moetai Brotherson a reçu ce vendredi matin les délégués syndicaux de la Banque de Polynésie, et promis d’interroger les directions régionale et nationale de la Société générale sur les décisions qui ont provoqué la grève, et sur leurs intentions à long terme.
Le président du Pays, aux côtés du ministre de l’Économie Warren Dexter, a reçu les délégués syndicaux ce matin, qu’il qualifie de « personnes responsables et désireuses d’être force de proposition dans le dialogue social ». Il en tire des « interrogations » qu’il a l’intention de relayer aux directions régionale et nationale de la Société générale. Notamment sur la suppression de 17 postes « d’une entreprise performante qui dégage d’importants bénéfices après impôts », et leur délocalisation vers un territoire, la Nouvelle-Calédonie, moins stable économiquement et politiquement. Et surtout, Moetai Brotherson aimerait connaître les intentions à long terme de la Société générale pour ses filiales outre-mer. Il entend rappeler « aux instances nationales que les outre-mer ne sont pas une variable d’ajustement ».
Rappelons qu’en métropole aussi, le malaise grandit : un mouvement de grève a eu lieu mardi, après l’échec en fin d’année dernière des négociations annuelles obligatoires, et trois années successives de suppressions d’emplois. C’est la première grève depuis l’arrivée de son nouveau directeur général, Slawomir Krupa, en mai 2023. La Société générale affichait fin 2024 un bénéfice net de 4,2 milliards d’euros, soit une augmentation de 70% par rapport à l’année précédente. Son action en bourse a bondi, mais elle demande à ses filiales une rentabilité de 8%, au prix d’une maîtrise des coûts qui affecte les économies locales dans lesquelles elles opèrent.
