
Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné la remise en liberté du président du Front de libération kanak et socialiste (FLNKS), Christian Tein, et de trois autres militants kanak, détenus depuis un an dans l’hexagone, selon le journal Le Monde. Plusieurs voix s’étaient élevées, politiques et associatives, contre cette détention, appelant à les libérer rapidement. Ils étaient accusés, en tant que responsables de la cellule de coordination des actions de terrain, d’avoir encouragé les émeutes. Le parquet a fait appel.
Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné la remise en liberté du président du Front de libération kanak et socialiste (FLNKS), Christian Tein, et de Dimitri Qenegei, Guillaume Vama, et Erwan Waetheane. Ces quatre responsables de la CCAT, la cellule de coordination des actions de terrain, sont en détention depuis la mi-juin 2024 dans l’hexagone, accusés d’avoir organisé les émeutes en Nouvelle-Calédonie. Selon le journal Le Monde, c’est à l’issue d’une série « de très longs interrogatoires » que le tribunal a décidé qu’il n’y avait pas lieu, « au vu des éléments du dossier », de les maintenir en détention. Il a requis un contrôle judiciaire avec plusieurs conditions comme de ne pas entrer en contact avec les personnes impliquées dans le dossier ou de se rendre en Nouvelle-Calédonie. Le parquet a aussitôt fait appel de la décision et le président de la cour d’appel de Paris doit se prononcer dans les 48 heures pour suspendre ou non l’ordonnance de remise en liberté. Ce sera ensuite au tour de la chambre de l’instruction de trancher et elle rendra sa décision dans une semaine.
Le Monde rappelle que ces militants kanaks avaient été arrêtées et envoyées en France, par avion spécial et menottés durant le trajet. Des conditions qui avaient soulevé l’indignation de responsables politiques et associatifs. Depuis plusieurs ont été remis en liberté : Brenda Wanabo et Frédérique Muliava sont sorties de prison et rentrées en Nouvelle-Calédonie. Steeve Une attend une prochaine décision. Concernant Christian Tein, Le Monde précise, en reprenant la décision des juges, qu’il « n’a pas été établi qu’il ait organisé des attroupements armés ni qu’il y ait eu de préparation de tels attroupements ». Il est aussi précisé qu’il « a eu la capacité de fédérer des milliers de personnes pour participer à des manifestations, et que son rôle de leader est incontesté. Mais que les écoutes menées après la levée de son assignation à résidence en juillet 2024, confirmaient qu’il avait appelé au calme en se rendant sur le terrain ».
A l’époque, Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, avait accusé la CCAT d’être une organisation « mafieuse » et Sonia Backès avait qualifié Christian Tein de « terroriste ». La chef de file des loyalistes est d’ailleurs « poursuivie devant le tribunal de Paris » pour ses mots.
