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Les pêcheurs hauturiers en campagne contre la « surenchère de zones protégées »

Les armateurs, capitaines et pêcheurs de la flotte thonière contestent certaines zones de protection de la ZEE gravées dans le marbre l’année dernière par le Pays. Et notamment les 30 milles réservées à la pêche côtière autour des îles de la Société. Les professionnels n’en veulent pas plus de 15 et s’inquiètent plus globalement d’une « surenchère de zones protégées » dans des eaux pourtant loin d’être surpêchées et où les palangriers pratiquent une pêche « durable ». Le syndicat des pêcheurs professionnels de haute mer a déposé une pétition aux autorités avec au moins  « 200 signatures » pour les interpeller.

Une pétition avec « 200 signatures » de pêcheurs, capitaines et armateurs de thoniers, a été déposée au président du Pays, celui de l’assemblée et au ministre des Ressources marines Taivini Teai, pour réclamer un retour d’une protection des côtes à 15 milles nautiques sur les îles de la Société, comme l’ont annoncé nos confrères de Polynésie La 1ère. Depuis le classement de la ZEE polynésienne en espace naturel protégé et la création des zones de pêche réglementée entre août et septembre 2025, les thoniers ne peuvent plus pêcher dans les 30 milles nautiques entourant les îles de la Société. Un chiffre fixé à 15 milles aux Australes, aux Marquises et aux Gambier et 10 miles aux Tuamotu, pour un total de 200 000 kilomètres carrés de « protection côtière forte » près des îles

Approuvé en août 2025 à l’assemblée, ces nouvelles règles, qui reprennent et clarifient en partie des limitations déjà existantes, ont ensuite adoptées par arrêtés par le gouvernement Brotherson concrétisait les annonces faites lors de l’Unoc à Nice où le fenua est apparu comme un exemple en matière de protection des ressources marines.

« Nous sommes face à des murs »

Mais sur ce zonage, les discussions restent difficiles. Il y a d’un côté ceux qui veulent plus de protection comme les maires des Australes et des Marquises qui souhaitent obtenir une interdiction des thoniers jusqu’à 30 milles nautiques de leurs côtes et de l’autre, ceux qui veulent moins, comme les armateurs et pêcheurs en haute mer qui disent leur « ras-le-bol » de cette « surenchère de zones protégées ». Avant l’adoption de ces nouvelles zones en août 2025, des rencontres avec les autorités du Pays avaient été organisés mais « ça n’avait rien donné » : « Nous sommes face à des murs. On nous interdit de faire ci, de faire ça, et tout ça pour satisfaire certaines ONG américaines, dit un armateur qui souhaite rester anonyme. On voit éclore toujours plus de zones protégées. »

L’objectif du gouvernement Brotherson est de protéger la ressource mais aussi « de favoriser l’effort de pêche des pêcheurs poti marara et poti auhopu en limitant les conflits d’usage entre la pêche artisanale et la pêche à la long-line ». Un faux problème pour Richard Pere, président du syndicat des pêcheurs professionnels de haute mer, assure « qu’il n’y a pas de concurrence » entre les côtiers et les hauturiers : « Nous sommes tous Polynésiens. Il faut être gentleman entre nous. » Et il assure que leur pêche en long-liner est « durable » et que « ce serait plutôt à l’extérieur de la ZEE qu’il faudrait réglementer ». Lui aussi craint qu’un jour, les pêcheurs « ne pourront bientôt plus pêcher nulle part ». Le président du syndicat explique que c’est à proximité des îles que le poisson se trouve, il est donc important pour eux de pouvoir accéder à ces zones.

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Les professionnels de la pêche en haute mer s’agacent aussi de voir autant d’énergie mis dans la protection de zones maritimes alors que « la filière pêche est délaissée ». Un armateur parle d’études sur le stock de thons qui datent des années 90 et toujours pas réactualisées, d’un port de pêche en mauvais état et de travaux qui n’arrivent toujours pas ou encore des difficultés sur l’exportation de thons avec un marché américain de plus en plus difficile d’accès depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. D’autres problèmes sur lesquels les pêcheurs et armateurs aimeraient entendre le gouvernement… qui rappelle de son côté fréquemment que la filière, entre les défiscalisations de bateaux et les arrangements sur le statut des marins, est déjà très soutenue par la collectivité.