EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Les prénoms de la discorde – Edito 24/10/2017

On apprenait hier qu’un officier d’état civil près de Toulouse avait saisi le procureur de la République par le biais d’une procédure de signalement suite à un choix de prénom surprenant de deux parents pour leur nouveau-né. Ils ont choisi de l’appeler « Djihad ». Dans le contexte d’angoisse terroriste dans lequel est plongé la France, et une bonne partie du reste du monde, avouez qu’il y a de quoi s’interroger sur l’à-propos de ce choix, et de ce qui l’a motivé. C’est là-dessus qu’il va falloir enquêter, il n’est pas question d’immédiatement soupçonner les parents d’être des adorateurs de Daesh, car à la base le « Djihad » au sens étymologique cela a un autre sens. En effet, cela a trait à l’effort ou encore à la lutte d’un individu qu’il entreprend afin de s’améliorer par la spiritualité. Ce n’est en fait qu’avec le temps que cela caractérise aussi la « guerre sainte » contre les « infidèles ».

Que se passe-t-il dans un cas comme celui-ci ? L’officier d’état civil n’a pas le pouvoir de refuser l’enregistrement du nom, mais il le signale donc au procureur, et si le parquet estime en vertu de la loi que ce prénom peut être contraire aux intérêts de l’enfant il saisit le tribunal. La procédure est finalement assez rare, mais elle est utilisée quelques dizaines de fois chaque année. Ce fut le cas par exemple  début 2017 contre des parents qui avaient décidé d’appeler leur enfant « Mohamed Merah », exactement comme le tristement célèbre auteur des tueries de Toulouse et Montauban en 2012 : là le doute n’était pas permis.

Et je me souviens d’un de mes tous premiers éditos, c’était le 13ème et il date de février 2015 (celui de ce mardi pour info c’est le 466ème). A l’époque donc je vous parlais déjà des prénoms grotesques et je poussais un coup de gueule contre ce couple qui avait décidé de donner le prénom « Nutella » à leur petite fille. C’est en fait tout récemment que j’ai appris que quelques semaines plus tard la justice avait statuée dans l’intérêt de l’enfant, et l’avait rebaptisée « Ella ». Avouez que ce sera quand même moins difficile à porter …

On se demande vraiment ce qui peut passer par la tête de certains, appeler son gamin comme une marque de pâte à tartiner ça vous dresse quand même bien le cadre de délabrement social dans lequel ils se trouvent. C’est ne penser qu’à sa pomme, limite à prendre à la rigolade le fait de s’être reproduit, et se moquer des conséquences pour leur petit. C’est pathétique.

Le pire c’est que parfois ça passe au travers des mailles de la justice. Salutations donc à tous les Pikachus, Berk, Burger et autres Casanova. Si si, je vous promets qu’il en existe, on a une grosse pensée pour vous. Parfois sous nos latitudes, les télénovelas sont paraît-il aussi des sources d’inspiration, c’est heureusement moins grave mais pas hyper facile à porter, amitiés à tous les Frijolitos qui nous écoutent ce matin …

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