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Les récifs coralliens : qui sont-ils ? que risquent-ils ?

Paris (AFP) – Les récifs coralliens, que l’expédition Tara Pacific part étudier samedi dans le Pacifique, sont des êtres « mi animal mi végétal » qui risquent gros face aux changements climatiques.

« Les coraux ne sont pas des animaux simples, mais des organismes complexes », a expliqué Denis Allemand du Centre scientifique de Monaco et codirecteur de Tara Pacific lors d’une conférence de presse. Pas moins de 1.400 espèces différentes ont déjà été répertoriées. 

Ces animaux marins, composés de centaines voire de milliers de polypes, sont de la même famille que les méduses, les anémones de mers et les gorgones. Ils sont tout aussi évolués que les autres animaux. « La complexité du génome des coraux est aussi importante que celle des vertébrés », précise Denis Allemand.

De nombreux organismes appelés symbiotes — des micro-algues ou zooxanthelles, des champignons, des protistes, des virus — vivent à l’intérieur des colonies de coraux. 

Les zooxanthelles fournissent au corail ses nutriments et lui donnent ses belles couleurs. En échange, les coraux fournissent aux algues le gaz carbonique nécessaire à la photosynthèse.

Alors que le corail et ses algues évoluent ensemble depuis un peu plus de deux cents millions d’années, ils sont maintenant menacés par le changement climatique. 

Ainsi quelque 20% des récifs sont déjà détruits, 15% risque de l’être d’ici à une dizaine d’années et pas moins de 20% sont menacés d’ici à 40 ans.

La principale cause de cette disparition: l’augmentation de la température à la surface de l’océan qui provoque un divorce entre l’animal et ses algues.

« Une augmentation de l’ordre de 0,5 à 1 degré suffit à provoquer un phénomène cataclysmique appelé blanchissement », explique Denis Allemand.

– Effet papillon –

Quand le corail subit un stress dû à l’augmentation de température, pour se défendre, il expulse ses algues. 

« Au détriment de sa survie puisque ces algues le nourrissent », précise Serge Planes, l’un des spécialistes français des coraux, responsable scientifique de l’expédition Tara.

Si ces évènements ne durent que de quelques heures à quelques jours, le corail récupère des algues dans le milieu marin et retrouve toutes ses capacités mais si le phénomène se prolonge, il meurt.

« Tara va étudier si un blanchissement passé va avoir une incidence sur la résistance actuelle des coraux « , note Denis Allemand. 

« On a quelques indices qui nous laissent penser que ça peut être le cas, mais cela est encore débattu », a-t-il ajouté. « Quant au mécanisme qui sous tend cette résistance accrue, on ne le connaît pas du tout ».

Autre menace de taille pour ces animaux multicolores : l’acidification des océans, provoquée par l’absorption dans la mer du CO2 produit par les activités humaines. 

Seules quelques espèces de coraux sont tolérantes à des océans plus acides, de nombreuses pourraient donc disparaître, entraînant une diminution de la diversité.

Tara va se rendre notamment au Japon dont la mer possède des sources naturelle de CO2, à différents degrés d’acidité.

L’expédition va « utiliser ces sources dont les pH peuvent être très différents pour mieux étudier l’adaptation des coraux à ces milieux extrêmes », précise Serge Planes.

A terme, les coraux vont également devoir faire face à un autre problème lié, celui-ci, à la montée des eaux. Mais c’est un problème à plus longue échéance.

Ainsi le récif corallien grandit de 1 à 4 mm par an quand l’augmentation du niveau marin est, elle, de 6 à 9 mm. Les coraux vont donc petit à petit s’éloigner de la surface de l’eau et du même coup, de la lumière.

Or « pour faire la photosynthèse, les algues des coraux doivent vivre tout près de la surface de l’eau, à moins de 20 mètres », précise Denis Allemand.

Et c’est l’effet papillon : l’absence de photosynthèse étant synonyme de diète pour les animaux marins. Car « les zooxanthelles par le processus de photosynthèse produisent du sucre dont plus de 95 % nourrissent les coraux », explique le chercheur.

Les récifs coralliens, animaux marins composés de centaines voire de milliers de polypes, sont de la même famille que les méduses, les anémones de mers et les gorgones. © AFP

© AFP/Archives ROMEO GACAD
Les récifs coralliens, animaux marins composés de centaines voire de milliers de polypes, sont de la même famille que les méduses, les anémones de mers et les gorgones

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