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Les syndicats demandent à Emmanuel Macron un dispositif de chômage partiel pour la Polynésie

Reprenant une demande formulée à plusieurs reprises par des personnalités de l’opposition, l’intersyndicale a adressé mercredi un courrier au Président de la République demandant la mise en place d’un dispositif temporaire de chômage partiel similaire à celui de la métropole. 

La CSTP-FO, la CSIP, le SFP, Otahi et O Oe To Oe Rima ont co-signé une demande de soutien à l’emploi, sous la forme d’un « secours d’urgence exceptionnel », adressée au Président de la République. Ils rappellent en préambule qu’en métropole et dans les départements d’Outre-mer, pendant la période de confinement, « l’État a pris en charge à hauteur de 84% des salaires, et pour les salariés payés au SMIC la prise en charge se montait à 100% avec un plafond fixé à 4,5 fois le SMIC ».

Le courrier des centrales syndicales poursuit en rappelant qu’au fenua, « la durée hebdomadaire de travail est de 39 heures et le salaire minimum de 1 281,42 euros mensuels, alors qu’en France avec une durée hebdomadaire de travail de 35 heures le salaire minimum mensuel est de 1 539,42 euros. Les salariés polynésiens ont pu bénéficier de la part des autorités locales d’une aide sur salaire durant le confinement à hauteur de 838,35 euros mensuels, » bien que le coût de la vie en Polynésie française soit 39% plus cher qu’en France d’après l’Insee.

Les syndicats sollicitent donc l’État pour la création en Polynésie « d’une allocation exceptionnelle qui compléterait celle octroyée par les autorités du Pays pour les quelque 43 000 salariés impactés (…) ». Ils en estiment le coût à 36 millions d’euros (soit un peu moins de 4,3 milliards de Fcfp) par mois de confinement.

Une demande déjà exprimée par l’opposition

Cette demande fait écho aux opinions déjà émises par Christian Vernaudon, Nuihau Laurey ou Geffry Salmon, qui avait posé une question orale au gouvernement lors de la séance de l’assemblée de la Polynésie le 4 juin dernier. Selon lui, l’ordonnance nationale du 25 mars 2020 prévoyait la possibilité de financer un tel dispositif via une convention État-Pays, pour peu que le Pays « accepte de voter une loi du Pays instituant le même dispositif en Polynésie puis propose à l’État d’en partager le financement. »

Le président Fritch lui avait répondu « croyez bien que je l’aurais immédiatement demandé si cela avait été possible ». Or, affirmait-il, l’ordonnance du 25 mars n’ouvrait pas cette possibilité, et la seule intervention envisageable de l’État pour financer un dispositif de chômage partiel aurait consisté à accorder sa garantie pour un prêt contracté auprès de l’Agence française de développement, par exemple.

Du côté des syndicats, qui contrairement à l’opposition ne demande qu’un dispositif complémentaire et non pas intégral, on estime que la solidarité nationale, inscrite dans la Constitution, pourrait et devrait s’appliquer. Et on souligne que l’État est bien intervenu directement (avec le Prêt garanti par l’État, ndlr) en faveur des entreprises polynésiennes : « la solidarité n’a pas été remise en question pour le monde économique, pourquoi pas pour le monde social ? »

20200612 Lettre Syndicats Mail

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1 Commentaire

  1. gaston
    13 juin 2020 à 22h38 — Répondre

    Nous ont va demander a Emmanuel Macron de ne plus financer les Syndicats avec les deniers publiques .Qu’ils reste autonomes ,et qu’ils vivent avec leurs abonnés .Du sponsoring qui date depuis trop longtemps .

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