EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Les « trolls » bientôt aux manettes – Edito 25/08/2020

Parfois c’est bien aussi de regarder ce qui se passe ailleurs pour se dire que finalement on ne s’en sort pas si mal chez nous. En ce moment les autorités françaises et même locales en prennent plein la figure tant il semble si simple de leur faire incarner les rôles de boucs émissaires tous désignés. Ils catalysent toutes les rancœurs et les frustrations bien plus qu’ils ne le mériteraient en réalité. Et quand en plus leur propre physique est attaqué pour les mépriser publiquement on ne se rend même plus compte que nos propres agissements en viennent à être plus répréhensibles et surtout plus méprisables que leurs potentiels méfaits.

Finalement c’est peut-être une des causes du manque d’engagement en politique et du réel problème de renouvellement des générations d’hommes et de femmes publics dont je parlais tout dernièrement. Car à partir du moment où il n’est plus simplement question d’être critiqué « constructivement », mais que se déversent à votre encontre et au quotidien des torrents de fiel, on peut comprendre qu’on prenne le temps avant de se lancer. Personne ne peut et ne pourra jamais faire l’unanimité évidemment, mais de là à ce qu’il soit devenu normal d’être sali par n’importe qui, n’importe quand, et que vos proches puissent tomber dessus, ce n’est pas normal. Car malgré un destin politique que l’on perçoit en soi, on reste avant tout humain et on comprend bien que l’on préfère aspirer dans l’absolu à plus de tranquillité.

C’est le serpent qui se mord la queue, car j’en viens à être convaincu que la nouvelle donne que représente cette vie publique 2.0, dans une mesure exponentielle par rapport à ce que la technologie permettait il y a moins d’une génération, va finalement conduire à un pourrissement accéléré de la classe politique. Il va devenir tellement impossible de supporter sur la durée la décompensation numérique à son encontre de ceux qui font le plus de bruit et qui fédèrent tous les jours davantage autour d’eux dans une sorte de psychose épidémique, que certains vont avoir envie de se gaver le plus possible sur la durée la plus courte avant de retourner dans la société civile. Je sais bien, tout le monde n’est pas à plaindre car il y en a pour qui c’est déjà compulsif à la base. Mais volontairement je ne veux pas noircir le tableau, c’est pour ceux qui étaient les plus sincères et valeureux à la base que je m’inquiète. Et oui, il y en a. Jusqu’à quand ? Ca ca dépend de nous. A trop jouer avec la démocratie on risque de la casser.

Article précedent

Journal de 7:30, le 25/08/2020

Article suivant

Retour en images sur les sections sportives 2019-2020

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

Les « trolls » bientôt aux manettes – Edito 25/08/2020