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Les troupes peinent à avancer dans Fallouja en Irak, 20.000 enfants bloqués

Près de Fallouja (Irak) (AFP) – Les forces irakiennes soutenues par l’allié américain peinent à avancer dans Fallouja face à la résistance de centaines de jihadistes aguerris du groupe Etat islamique (EI), l’ONU s’alarmant mercredi du sort de 20.000 enfants y risquant un recrutement forcé.

Le groupe extrémiste était également sur la défensive en Syrie voisine, où les forces kurdes appuyées elles aussi par l’aviation américaine notamment combattaient l’EI sur deux fronts.

Au 10e jour de leur offensive qui s’annonce difficile et longue, les soldats et policiers irakiens aidés également de miliciens chiites et de membres de tribus tentent d’avancer vers le centre de Fallouja après être parvenus à entrer lundi dans ce fief jihadiste, à 50 km à l’ouest de Bagdad.

« Nos forces poussent pour entrer dans le centre ville mais il y a une forte résistance » de l’EI, a dit le général Abdelwahab al-Saadi, commandant de l’opération militaire en faisant état de combats de rue.

Alors que l’assaut est appuyé par l’aviation de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis et a été préparé en coordination avec des conseillers militaires américains, le Pentagone a affirmé que la bataille était « dure » et que les jihadistes avaient « l’intention de se battre ». 

Soumis à un siège quasi-hermétique à Fallouja, l’EI est condamné à se battre n’ayant pas la possibilité de prendre la fuite, contrairement aux précédentes batailles où les jihadistes parvenaient à sortir des villes devant la progression des forces armées.

– Des enfants forcés au combat –

De plus, implantés dans cette ville de la province d’Al-Anbar depuis sa capture en janvier 2014, les jihadistes ont sans doute fortifié leurs défenses. 

« A chaque fois que nos forces essayent d’avancer, ils font face à des systèmes de défense mis en place par Daech », un acronyme en arabe de l’EI, a indiqué un colonel de la police.  

Les commandants irakiens affirment avoir tué des dizaines de jihadistes depuis le début de l’offensive le 23 mai, mais restent discrets sur leurs pertes.

Néanmoins, le nombre de cercueils renvoyés dans les provinces du sud de l’Irak et d’enterrements dans la ville sainte chiite de Najaf, au sud de Bagdad, suggère que le camp antijihadistes a subi de lourdes pertes.

« Depuis le début de l’assaut, nous avons reçu quelque 70 cercueils de martyrs », a dit un membre des forces de sécurité devant la « Vallée de la paix » à Najaf, le plus grand cimetière au monde.

Des responsables de la province de Bassora ont confirmé la mort de 26 miliciens progouvernementaux originaires de la région et un responsable a confirmé 12 morts originaires de Najaf. De plus, une centaine de combattants ont été soignés depuis lundi dans des hôpitaux de Bagdad.

Aucun bilan n’est disponible sur des victimes civiles, mais quelque 50.000 civils sont bloqués dans le centre de Fallouja.

Parmi eux, au moins 20.000 enfants « risquent le recrutement forcé dans le combat (…) », a déclaré le représentant de l’Irak pour le Fonds de l’ONU pour l’enfance (Unicef) Peter Hawkins. « Les enfants sont forcés à porter les armes pour combattre dans une guerre d’adultes. Leur vie et leur avenir sont en danger ».

L’Unicef a appelé à l’ouverture de passages sûrs pour permettre aux civils de sortir, l’ONU ayant accusé l’EI de les utiliser comme boucliers humains.

Les habitants, au nombre de quelque milliers, sortis de la ville ou de sa périphérie ont parlé d’un manque d’eau potable, de nourriture et de médicaments, alors qu’aucune aide n’est parvenue à Fallouja depuis septembre 2015.

– Offensives anti-EI en Syrie –

Le groupe jihadiste a profité de la guerre civile en Syrie et de l’instabilité en Irak pour s’y implanter, la communauté internationale cherchant à mettre hors danger de nuire ce groupe responsable de terribles exactions dans les régions conquises et d’attentats meurtriers en Europe.

Pour ce faire, la coalition internationale, principalement les Etats-Unis, apportent une aide cruciale aux forces antijihadistes par le moyen de raids aériens et de conseillers militaires sur le terrain en Irak comme en Syrie voisine.

En Syrie, ils aident spécialement les Forces démocratiques syriennes (FDS) composées surtout de combattants kurdes.

Celles-ci mènent depuis le 24 mai une offensive pour reprendre du terrain à l’EI dans le nord de la province septentrionale de Raqa, où elles ont repris plusieurs villages.

Les FDS ont ouvert en outre un nouveau front contre l’EI dans le nord de la province limitrophe d’Alep, cherchant à reprendre la ville de Manbij, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Les combats sont féroces », a déclaré un responsable des FDS.   

Mais l’EI parvient toujours à frapper. Il poursuit ainsi une offensive dans la province d’Alep pour s’emparer de deux villes rebelles, menaçant des dizaines de milliers de civils et de déplacés.

Le général irakien en charge des opérations à Fallouja Wahab al-Saadi (au centre) marche entouré de ses troupes dans la banlieue sud de Fallouja le 1er juin 2016. © AFP

© AFP AHMAD AL-RUBAYE
Le général irakien en charge des opérations à Fallouja Wahab al-Saadi (au centre) marche entouré de ses troupes dans la banlieue sud de Fallouja le 1er juin 2016

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