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Les voiliers bientôt chassés de la baie d’Outumaoro

CP/Radio1

Le Pays cherche à faire le ménage parmi les voiliers qui mouillent devant la marina Taina et dans la baie de Outumaoro. Mardi soir, Jean-Christophe Bouissou a organisé une réunion publique avec les plaisanciers. Une quarantaine d’entre eux étaient présents. L’arrêté réglementant le mouillage dans cette zone, qui va prochainement entrer en application, leur a été présenté.

Trois ministres, un maire et un premier adjoint, mardi soir, pour aller à la rencontre des plaisanciers qui mouillent à Punaauia et s’attirent de nombreuses critiques – bateaux épaves que leurs propriétaires abandonnent, bateaux ventouses qui ne quittent jamais leur mouillage, ancrages irréguliers, rejets d’eaux noires, etc… Un état des lieux a été réalisé par la DPAM le 22 octobre dernier. Sept bateaux abandonnés ou incapables de naviguer et 8 bateaux nécessitant une expertise ont été recensés.

©DPAM

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Le vice-président Teva Rohfritsch, le ministre de l’Équipement en charge des ports, René Temeharo, le maire de Punaauia Simplicio Lissant et le 1er adjoint au maire de Faa’a, Robert Maker, ainsi que le directeur de TNAD Rémi Grouzelle et la directrice de la DPAM Catherine Rocheteau, étaient venus en appui au ministre de l’Aménagement Jean-Christophe Bouissou qui avait provoqué cette réunion. Car au-delà de régler le problème de la suroccupation du lagon, il s’agit de dégager la zone en prévision des travaux du Village Tahitien : « Le sujet est suffisamment d’importance pour qu’on vienne devant vous, a-t-il déclaré en préambule. « Nous avons besoin de reprofiler le littoral pour des problématiques de courantologie, faisant référence aux extractions dans la baie qui avaient été réalisées pour la construction de l’aéroport de Tahiti Faa’a, et aux eaux stagnantes à l’intérieur de cette baie. Nous sommes amenés à reconsidérer l’occupation lagonaire. »

D’après les estimations, seul un tiers des bateaux dans la baie de Outumaoro sont sur corps morts, le reste étant sur ancre, ce qui est interdit. Un nouveau plan d’occupation du plan d’eau a été élaboré, avec l’installation de nouveaux corps morts et d’ancrages écologiques.  Un arrêté est prêt, et devrait être appliqué « dans les semaines qui viennent. » 

« Le nombre (de bateaux, ndlr) rend la navigation difficile entre Faa’a et la passe de Taapuna, C’est une zone de mouillage qui était un peu laissée à l’abandon, il faut quand même l’avouer, sans qu’il y ait véritablement un contrôle sur l’utilisation de la zone, et avec nos projets il est bien clair aujourd’hui qu’on est arrivé à la limite de la tolérance sur le fait de laisser autant de navires continuer à stationner dans la baie de Outoumaoro, » dit Jean-Christophe Bouissou.

Une des solutions passe par l’aménagement du quai de Port Phaëton, où il y a encore de la place, dit le ministre. « Très franchement, nous ne sommes pas aujourd’hui dans une situation avec la capacité optimale de pouvoir accueillir tout le monde. »

Environ la moitié des bateaux appartiennent à des personnes qui résident à bord et travaillent à Tahiti. Pour eux, d’autres aménagements sont prévus plus près, à Vaitupa et dans la zone de l’aéroport,

Du côté des plaisanciers, on comprend que le projet du Village Tahitien nécessite de déplacer les bateaux, mais on n’est pas convaincu par les alternatives évoquées par les autorités. Les besoins des plaisanciers ne sont pas bien connus du gouvernement, disent-ils : « Après les grandes traversées, on a souvent besoin de réparer. On attend nos pièces de rechange, on fait les checkups médicaux, on a besoin d’être proches de la ville… » Quant aux attaques sur la propreté, c’est un faux problème, disent-ils, certains contre attaquant le Pays et la commune de Punaauia sur la propreté à terre et l’assainissement : « Le centre d’hygiène et de salubrité montre que 53% des installations de traitement des eaux usées sont non conformes. C’est pas 5 ou 6 voiliers qui vont faire la différence. On ne court pas du tout dans la même catégorie de pollueurs ! » Bernard Guillou, un plaisancier qui réside à Tahiti sur son bateau , s’exprime :

Et les voileux semblent estimer que le mouillage forain est un droit inaliénable. Ils sont nombreux à refuser d’aller en marina – en admettant qu’il y ait de la place – que ce soit pour des raisons financières ou par « style de vie », dit-il.

C’est avec une certaine impatience que Teva Rohfritsch résume la situation : « On parle d’aménager une partie du littoral, eux font des conclusions sur la Polynésie toute entière. »

On le voit, entre l’éviction des bateaux et la création de nouvelles marinas et zones d’ancrage, l’accueil des voiliers restera sans doute problématique pendant quelque temps. Certains plaisanciers, parfois inhibés par la barrière de la langue, n’appréhendent pas complètement les problèmes de développement du Pays, ni le contexte culturel.  Mais ce qui est sûr, c’est que l’offre de places et de services aux plaisanciers n’est pas suffisante à Tahiti. La Polynésie est victime du succès de l’extension du délai de séjour à trois ans et de la baisse de la taxe de « papeetisation ». « Vous avez augmenté la demande sans augmenter l’offre. Vous parlez des îles, mais à Moorea, Raiatea ou Fakarava nous ne sommes plus bienvenus, » a  dit un navigateur aux membres du gouvernement. Le Pays envisage d’ailleurs d’augmenter cette taxe, actuellement au taux de 7%. Et René Temeharo a annoncé que les discussions avec la mairie de Moorea sur l’extension de la marina de Vaiare avaient repris.

Les grandes lignes de la réglementation

– Accès et navigation  à l’intérieur  des zones : respect des règles internationales de  navigation (article 9), limitation de la vitesse de circulation à 5 nœuds (article 9), règles applicables aux navires abandonnés et aux épaves maritimes (article 13), interdiction de la pratique de toute activité autre que le mouillage des navires dans les zones dédiées (article 14)

– Suivi du mouillage des navires   : déclaration d’entrée et de départ des navires des zones dédiées (article 10)

– Code de l’environnement / Dispositions du Code des ports maritimes de la Polynésie française :  interdiction de rejeter, déverser ou laisser s’écouler dans les eaux leurs ordures ménagères et déchets de toute sorte, les eaux souillées ou chargées d’hydrocarbures, d’huiles ou de produits toxiques, obligation de disposer de tous les déchets dans des installations à terre prévues à cet effet, interdiction d’effectuer  tous travaux de réparation, opérations de carénage, applications de produits ou peintures

– La constatation des infractions : par la gendarmerie maritime,  la gendarmerie nationale, les officiers de port et surveillants de ports, les agents assermentés du Port autonome de Papeete, de la Direction de l’équipement, les agents assermentés des communes concernées.

– Le régime des sanctions : un régime de peines contraventionnelles est prévu dans le but de sanctionner  les diverses infractions à la nouvelle réglementation. (Article 16) ; possibilité d’application de la   procédure des amendes forfaitaires aux contraventions des quatre premières classes

 

 

 

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1 Commentaire

  1. minou
    31 octobre 2019 à 8h33 — Répondre

    Le monde à l’envers

    ca doit être l’air Salin et la rouille rustine qui fait ça !

    ce sont les squatteurs qui mouillent n’importe où et qui aujourd’hui!, veulent faire appliquer leur « loi »
    on rêve

    moi, sur le domaine terrestre, quand je squatte , on me vire, on me verbalise
    et quand je pollue et je jette mes ordures et saletés n’importe où, je suis punissable

    eux , eh ben non?

    tout est normal, et la limite, on les dérange et on les perturbe !!! et ils sont révoltés et outrés !

    quel état d’esprit de Merde
    en plus ce sont les moins indigents et financièrement et intellectuellement

    ha ha ha mieux vaut en rire

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