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Lesbos: retour progressif des migrants dans le camp touché par un incendie

Mytilène (Grèce) (AFP) – Réfugiés et migrants revenaient par centaines mardi dans le camp surchargé de Moria à Lesbos, partiellement détruit par un incendie volontaire qui avait fait fuir dans la nuit ses 5.000 occupants, cloués sur l’île grecque.

Neuf migrants –des Afghans et des Irakiens, un Sénégalais, un Syrien et un Camerounais– ont été arrêtés pour leur implication dans les affrontements qui ont éclaté lundi soir dans le camp, menant à l’incendie, selon la police.

Mardi, comme tous les matins, des files d’attente se sont formées pour la distribution de nourriture, dans la zone épargnée par les flammes, a constaté l’AFP. A l’extérieur, des migrants affluaient des collines environnantes où ils s’étaient enfuis, tandis que des ouvriers municipaux en gilets jaunes entamaient les réparations.

« Le calme est revenu mais la situation est encore mouvante », de nombreux autres migrants et réfugiés s’étant dispersés jusqu’à Mytilène, le chef-lieu de l’île, à 13 km du camp, selon une source policière.

A Lesbos, où les migrants sont bloqués selon les termes de l’accord UE-Turquie visant à couper la route migratoire en mer Egée, quarante policiers antiémeute ont été envoyés en renfort. Cette île est située en Egée orientale, principale porte d’entrée en Europe de l’exode migratoire de 2015. 

Selon le Haut commissariat aux réfugiés, plus de 300.000 migrants et réfugiés ont traversé en 2016 la Méditerranée pour se rendre en Europe, principalement en Italie. Le HCR craint que cette année soit la plus meurtrière si le nombre de naufrages se maintient au rythme actuel, a-t-il mis en garde mardi à Genève.

– ‘ce que je porte sur le dos’ – 

Dans le camp, le feu a détruit trois logements préfabriqués, 50 tentes, sans faire de blessé, selon les pompiers. 

Les médias grecs ont montré des femmes fuyant avec des bébés endormis dans les bras. « Ma tente a brûlé, je n’ai plus que ce que je porte sur le dos », a témoigné auprès de l’AFP Hamid, un jeune Iranien. 

Un bateau doit être envoyé prochainement à Lesbos pour héberger un millier de personnes, a annoncé aux médias Thodoris Dritsas, ministre de la Marine marchande.

A une vingtaine de km d’Athènes, un ancien camp de rétention, récemment réaménagé, doit ouvrir prochainement pour héberger 160 familles candidates au retour dans leurs pays d’origine, a indiqué à l’AFP une source policière.

« Il n’est pas surprenant » que la situation ait dégénéré à Moria, d’une capacité de 3.500 places, en raison notamment du « manque de sécurité », a relevé Roland Schöenbauer, un représentant en Grèce du HCR.

Interrogé par l’AFP, il a réitéré les appels du HCR pour un transfert « le plus vite possible » vers le continent d’une partie des 13.619 migrants bloqués sur les îles, pour 7.450 places. 

– Les ‘lacunes’ de l’UE –

L’accord UE-Turquie prévoit le renvoi en Turquie de tous les migrants arrivés après le 20 mars sur les côtes grecques. Pour éviter, ou retarder leur renvoi, la grande majorité des migrants demande l’asile en Grèce, débordant les services grecs en l’absence des renforts européens pourtant promis au pays. 

Depuis le 20 mars, seules 502 personnes ont été renvoyées en Turquie, tandis que les arrivées se poursuivent, en moyenne une centaine par jour. 

Les tensions entre réfugiés et migrants d’une part, et habitants d’autre part, ont récemment été attisées sur les îles par cette attente et incertitude interminables. 

L’incendie de Moria « symbolise les lacunes de la réponse européenne à la crise des réfugiés », a réagi Panos Navrozidis, directeur en Grèce de l’International Rescue Committee. 

Le gouvernement grec a promis aux autorités locales de transférer vers le continent une partie des populations, mais cette procédure est elle aussi freinée par la lenteur de l’examen des demandes d’asile. 

Athènes doit aussi assurer la prise en charge des réfugiés et migrants bloqués en Grèce continentale par la fermeture début mars de la route des Balkans, soit plus de 46.000 personnes. 

Ceux-là attendent également l’asile, soit en Grèce, soit dans un autre pays européen par voie de relocalisations, dont le nombre est environ dix fois inférieur aux promesses européennes.

Des migrants regardent la fumée s'élever d'un champ d'oliviers le 20 septembre 2016 dans le camp Moria à Lesbos où des heurts ont éclaté . © AFP

© AFP STRINGER
Des migrants regardent la fumée s’élever d’un champ d’oliviers le 20 septembre 2016 dans le camp Moria à Lesbos où des heurts ont éclaté

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