EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

L’espoir renaît grâce à la génétique – Edito 10/11/2020

D’un œil profane on pourrait dire que la principale révolution de la recherche médicale de ces 50 dernières années se situe au niveau de la cartographie du génome humain. D’ailleurs le fameux Téléthon français n’y est pas étranger puisque les financements qu’il a permis de recueillir jusqu’à présent ont justement participé à cela, et plus encore, au développement de thérapies géniques.

A partir du moment où l’on a une carte, que l’on sait où chercher, que l’on comprend ensuite à quoi sert tel ou tel gène et les interactions qui existent entre eux, il devient ainsi possible de s’attaquer au mal à la source. La thérapie génique pour que vous compreniez le concept fascinant équivaut grossièrement à reprogrammer votre génome. C’est comme si vous injectiez à votre ordinateur une mise à jour de son système d’exploitation lorsqu’une faille a été repérée ou que vous lui apportez directement des améliorations.

Toute découverte implique un risque de dérives, les lois sur la bioéthique propres à chaque pays, outre les chartes internationales qui posent les principes d’une moralité universelle, réfutent le droit à l’homme de jouer à Dieu en tombant dans l’eugénisme, la manipulation du génome pour concevoir des humains soi-disant parfaits. Ce n’est pas la même chose que de soigner un mal qu’aucune autre méthode reposant sur les pharmacopées connues n’est parvenue à faire.

Ces dernières 24h ont donc été pour la Polynésie française l’occasion de se réjouir doublement car ce sont en effet deux grands espoirs de lutter contre des fléaux de santé publique, et reposant sur des thérapies géniques, qui ont été révélés. Ainsi, une raison d’avoir le cœur un peu plus léger, sans mauvais jeu de mot, c’est qu’un gène particulier a été identifié, et qu’en le désactivant des chercheurs ont réussi – chez des souris pour le moment – à réduire leur appétit superflus et à leur donner l’envie de faire des activités physiques. Par chance, les humains ont le même gène … L’obésité n’est ainsi potentiellement plus une fin en soi.

Mais l’avancée scientifique la plus médiatisée depuis hier c’est évidemment le candidat vaccin contre la Covid-19 des laboratoires Pfizer et BioNtech qui serait déjà efficace dans 90% des cas – quand par exemple le vaccin contre la grippe que nous connaissons ne l’est que dans 40 à 60% des cas – et qui repose sur le principe de l’ARN messager. C’est une première mondiale historique, et c’est beau. On injecte donc dans le corps une sorte de programme qui va dire à nos cellules ce qu’il faut fabriquer pour lutter contre la Covid-19. Avec de tels résultats nous avons le droit d’espérer et de retrouver le sourire, il nous faut tenir le coup et être patient. Un jour peut-être sera identifié le gène qui nous divise en tant qu’espèce et alors là il ne faudra pas hésiter à investir dans un traitement car les siècles d’obscurantisme qui n’ont pas permis au plein potentiel de notre évolution de voir le jour avant, se doivent d’être rattrapés.

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