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L’Etat hausse le ton sur le régime de solidarité

Beffre Fritch

Début 2015, l’Etat est revenu au financement du régime de solidarité (RST) de la Polynésie à hauteur de 1,4 milliard de Fcfp par an sur la base d’une convention établie avec le Pays. Depuis deux semaines, la présentation d’un budget du RST en déséquilibre de 2,8 milliards de Fcfp par le Pays et l’annonce de l’embauche de 47 employés à la CPS ont conduit l’Etat à rappeler la Polynésie à ses « engagements » dans la convention de 2015. Le haut-commissaire, qui a écrit un courrier au président Edouard Fritch ces derniers jours sur le sujet, a confirmé vendredi à Radio 1 qu’il estimait que le budget du RST nécessitait des « modifications » et que les embauches à la CPS n’étaient « pas nécessaires ». A Paris, le ton est beaucoup plus catégorique à propos de la convention signée en 2015 : « Les termes du contrat ne sont plus du tout respectés ».

En marge de la cérémonie de la Sainte Barbe, vendredi matin place Tarahoi, le haut-commissaire, Lionel Beffre, est revenu sur la position de l’Etat lors du vote du budget du Régime de la solidarité territoriale (RST) pendant la réunion du comité de gestion le 24 novembre dernier. Le représentant de l’Etat a confirmé avoir été très surpris par la présentation d’un budget déficitaire de 2,8 milliards de Fcfp : « Lorsque l’Etat revient pour le financement on arrive à être en déficit, alors que sur les deux années précédentes on était sinon à l’équilibre et même en excédent… ». Un courrier a d’ailleurs été envoyé au président de la Polynésie, Edouard Fritch, dans lequel le haut-commissaire a « expliqué » son vote : « Cela mérite qu’il y ait des modifications dans ce projet de budget qui, à l’heure actuelle, ne me paraît pas adapté par rapport à l’engagement pris par le Pays ». Référence aux engagements établis dans la convention signée en début 2015. Pour le haut-commissaire « des arbitrages interministériels ont été gagnés parfois avec difficultés » lors de la signature de la convention « et donc aujourd’hui il ne faut pas donner des signes qui viseraient à donner raison à ceux qui étaient contre ».

Les 47 embauches à la CPS ne passent pas non plus…

Mais il n’y a pas que le budget déséquilibré du RST qui fasse grincer des dents au niveau de l’Etat. La vague d’embauches à la CPS, révélée cette semaine par Radio 1, n’est pas du tout conforme aux engagements pris par le Pays dans la convention signée début 2015. Ministre de la Santé, mais pas en charge de la CPS qui relève de la Solidarité de Tea Frogier, Patrick Howell s’exprime pourtant sur le sujet pour le gouvernement et affirme que ces embauches sont nécessaires à cause « du volume de travail assez élevé » de la Caisse et obligatoires pour « assurer un fonctionnement correct » de l’établissement.

Là encore, le haut-commissaire, Lionel Beffre, estime que ces « embauches ne sont pas nécessaires » et « doute » même que ces dernières puissent « accroître la productivité » de la CPS. Pour le représentant de l’Etat, cette décision du Pays va encore une fois à l’encontre des engagements pris par le Pays dans la convention signée début 2015.

« Les termes du contrat ne sont plus du tout respectés »

A Paris, le discours est encore plus rude que celui du haut-commissaire. Après l’épisode houleux, jeudi au Sénat, entre la ministre George Pau-Langevin et les sénateurs polynésiens, Nuihau Laurey et Lana Tetuanui, une source au gouvernement central nous explique à propos du retour de l’Etat au financement du RST : « Le gouvernement socialiste a assumé le fait de revenir sur la décision du gouvernement de droite de 2009. Nous avions les termes d’un contrat. C’était une maîtrise des dépenses et notamment, au niveau local, essayer de stabiliser les dépenses en fonctionnement. » Cette même source indique à propos de la vague de recrutement à la CPS : « En dépit de tous les accords qu’il y avait eu avec le gouvernement, il y a eu une annonce de création de 24 postes (En fait 47 puisque 24 créations de postes et 23 renouvellement de départ à la retraite, NDLR). Ce qui se fait en dehors des termes du contrat que nous avons pris avec la Polynésie. Les termes du contrat ne sont plus du tout respectés. » Sur la convention signée en début 2015, notre source conclut : « On peut dire ce qu’on veut, mais à partir du moment où nous faisons des efforts pour être bienveillants en matière de traitement vis à vis de la Polynésie, on ne peut pas fouler aux pieds les engagements tels qu’ils avaient été pris et dont tout le monde avait connaissance ».

Vaite Urarii-Pambrun, Khadidja Benouataf et Antoine Samoyeau.

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2 Commentaires

  1. Tutu
    5 décembre 2015 à 8h43 — Répondre

    C’est encore et encore le besoin de donner du travail aux petits copains. La CPS, l’OPT, etc. Que des niches pour paresseux de fonctionnaires qui ne recherchent que des avantages. Gros salaires et nombreux privilèges. Scandaleux. Rentrez dans un bureau de la CPS et vous verrez que lire le journal est la préoccupation principale de cet établissement. Il est important que nos jeu,es lises c’est sur mais pas ce genre de littérature et pas pendant les heures de travail qui ne sont pas de 39 h chez eux.

  2. justice
    5 décembre 2015 à 18h25 — Répondre

    embauche de 47 personnes a la cps c est du foutage de geule la cps est reputer a rien foutre pour des gros salaire et le pays cautionne on va ou encore c est bien l etat

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