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L'heure de la rentrée pour les prix littéraires

Paris (AFP) – Synonyme d’espoir et, parfois, d’angoisse pour les romanciers et les éditeurs, la saison des prix littéraires s’ouvre mardi avec la première sélection du Goncourt et du Renaudot.

« C’est une rentrée littéraire extraordinaire, très éclectique », se réjouit Philippe Claudel, membre du jury  de l’académie Goncourt, interrogé par l’AFP. « Il y a beaucoup de bons romans, de quoi satisfaire tous les goûts », ajoute-t-il.

Un total de 560 romans dont 363 romans français ont commencé ces dernières semaines à remplir les rayons des librairies.

Parmi les romanciers en vue pour décrocher un prix figurent Karine Tuil, auteure de « L’insouciance » (Gallimard), un roman vertigineux sur les crispations identitaires, mais aussi Serge Joncour dont le roman « Repose-toi sur moi » (Flammarion) montre que l’amour peut être la forme ultime de résistance face aux désordres du monde ou encore Jean-Paul Dubois (Femina 2004) qui propose dans « La succession » (L’Olivier) une formidable chronique familiale où, quand on ne se suicide pas, on aime les chiens et les voitures anglaises.

Laurent Mauvignier (« Continuer », Minuit), Yannick Grannec (« Le bal mécanique », Anne Carrière), Lionel Duroy (« L’absente », Julliard), Luc Lang (« Au commencement du septième jour », Stock), Yasmina Reza (« Babylone », Flammarion), Régis Jauffret (« Cannibales », Seuil) sont également en embuscade.

Mais les jurys des prix littéraires aiment réserver des surprises. Pourquoi ne pas couronner un primo-romancier comme Gaël Faye, déjà lauréat du prix Fnac pour « Petit pays » (Grasset), Mathieu Bermann dont « Amours sur mesure » (P.O.L.), est un roman d’amour à nul autre pareil ou Négar Djavadi pour « Désorientale » (Liana Levi) superbe roman sur l’Iran, l’exil et la place de la femme à Téhéran ou à Paris.

– Une aubaine pour les éditeurs –

Les romans de la rentrée sont parvenus aux jury des prix littéraires en juin. Philippe Claudel indique en avoir lu « une centaine ». Les dix membres de l’académie Goncourt, dont les deux « nouveaux », Éric-Emmanuel Schmitt et Virginie Despentes, vont se réunir mardi avec une liste de huit de leurs romans préférés. 

Après discussion, ils se mettront d’accord pour proposer une liste de quinze ouvrages. C’est l’un d’eux qui décrochera le Goncourt, la plus prestigieuse des distinctions littéraires du monde francophone, le 3 novembre. Entre temps, le jury du Goncourt se réunira à deux autres reprises (les 4 et 27 octobre) pour affiner son choix.

Les livres sélectionnés par le jury du Goncourt sont également en lice pour le Goncourt des lycéens, un prix qui a pris au fil du temps une importance de plus en plus grande.

Comme d’habitude, le Renaudot qui présente également sa première sélection mardi sera attribué en même temps et au même endroit que le Goncourt.

Auparavant, il y aura eu le Femina (le 25 octobre), le Grand prix du roman de l’Académie française (le 27 octobre) et le Médicis (le 2 novembre).

Recevoir un prix demeure une aubaine pour les éditeurs. Un roman primé signifie un succès commercial.

Selon une étude du cabinet GfK sur les ventes de livres primés entre 2010 et 2014, un Goncourt se vend en moyenne à 395.000 exemplaires. Le Goncourt des lycéens dépasse les 330.000 exemplaires, le Grand prix du roman de l’Académie française se vend à plus de 220.000 exemplaires et le Renaudot frôle les 200.000 exemplaires.

Couronnée l’an dernier par le Renaudot et le Goncourt des lycéens pour « D’après une histoire vraie » (JC Lattès), Delphine de Vigan a pulvérisé cette moyenne avec plus de 500.000 exemplaires vendus.

Serge Joncour dont le roman "Repose-toi sur moi" montre que l'amour peut être la forme ultime de résistance face aux désordres du monde, pris en photo le 11 septembre 2014 lors de l'émission "Au Field de la nuit" dans les studios de TF1 à Saint-Denis.. © AFP

© AFP LIONEL BONAVENTURE
Serge Joncour dont le roman « Repose-toi sur moi » montre que l’amour peut être la forme ultime de résistance face aux désordres du monde, pris en photo le 11 septembre 2014 lors de l’émission « Au Field de la nuit » dans les studios de TF1 à Saint-Denis.

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