EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

L’humanité face au poids de ses symboles – Edito 21/04/2017

Dans notre civilisation le symbole tient une place capitale. Dans tous les domaines et depuis la nuit des temps nous avons toujours ressenti le besoin qu’un signe figuratif et distinctif représente un concept important. La croix chez les Chrétiens, le caducée pour la médecine, la croix gammée chez les nazis,   l’arrobase pour tout ce qui concerne internet, etc. C’est un facteur déterminant permettant d’identifier un courant, une foi, un parti, voire même une marque.

Ainsi l’humanité s’est mise ensuite à chercher des symboles ailleurs, tellement cela lui apparaissait comme des éléments importants lui servant à se forger une identité et imager un patrimoine qu’on fait sien, même si c’est dans un sens plus abstrait, avec des images. La statue de la liberté pour les USA, la pirogue double ou la tiare pour notre Fenua, l’arc de triomphe et les champs Elysées pour la France. Vous voyez où je veux en venir.

Car lorsque l’on s’attaque à un symbole, à coup sûr on catalyse les oppositions, on exacerbe la colère, on est certain de faire souffrir. Ce n’est pas pour rien qu’hier l’attaque à Paris s’est déroulée là où elle s’est produite. Mais il faut absolument prendre le temps d’aller au-delà du symbole qui est mis à mal, au-delà de notre peine, de notre frustration, du primal et viscéral rejet qui s’en suit. Je ne vous parle pas d’excuser d’office, mais de rationnaliser, de mettre en perspective, de prendre de la hauteur, bref, de réfléchir.

Les actes terroristes des ennemis fanatiques de la démocratie et de la liberté, n’ont pas qu’une incidence sur notre intégrité physique, mais aussi sur notre manière d’envisager notre société pour l’après. Parce qu’ils haïssent notre ordre établi, ils créent le désordre. Vicieusement, ils ne comptent pas uniquement sur le fait de ne provoquer qu’un sentiment de peur et de panique latent. Ils le font parce qu’ils veulent déstabiliser en profondeur notre société jusque dans son fonctionnement futur et la manière dont nous administrerons notre république et dont le pouvoir politique veillera à nos destinées. Ils veulent nous dresser les uns contre les autres, nous pousser nous aussi vers l’extrémisme, nous enfermer dans un système de pensée où la haine remplace la bonté dans son postulat.

Si on est tellement attachés aux symboles, il faut que l’on ait à l’esprit cette troisième nuance pour définir ce dont il peut s’agir : l’exemple humain incarné. C’est exactement ce pour quoi nous sommes censés nous prononcer demain dans les urnes en Polynésie, avec 24h d’avance sur la Métropole. Nous devrons choisir celui des 11 candidats qui sera digne de représenter les valeurs fondamentales de notre héritage républicain : la liberté, l’égalité, mais aussi et surtout, la fraternité. Alors votons certes avec nos convictions, mais sans jamais tomber dans le piège de ceux qui veulent nous détruire et qui misent sur le fait que nous reléguions au second plan notre bienveillance, le symbole de notre humanité. Que vive la démocratie, et que vive la France.

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