EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Liberté de culte vs liberté du culturisme – Edito 28/04/2020

Évidemment que la bonne nouvelle de l’assouplissement du confinement dans ces proportions est accueillie par une majorité avec beaucoup de soulagement. Il était temps car en effet, tout le monde n’est manifestement pas logé à la même enseigne en temps d’auto-enfermement. Il y a ceux qui prennent leur mal en patience et qui font face, et ceux dont la frustration est exacerbée au point qu’ils en soient devenus des acariâtres numériques. Quand l’argumentaire contre une idée ou une opinion émise se résume à tenter de discréditer son auteur en ressassant des ragots nauséabonds de fonds de caniveaux, ou en s’accrochant à la moindre chose qui le ferait passer pour un guignol, il est important de les laisser s’aérer un peu.

Manque de pot si pour cette engeance la pratique d’un sport collectif ou en salle de musculation était un moyen de laisser leur bile passer dans leur sueur pour s’évacuer, on devra repasser. Ce ne sera pas possible tout de suite. Par contre, et ça arrive bien plus souvent qu’on ne le croit, ces mêmes aigris font souvent office d’agneaux de Dieu qui vont au temple ou à l’église le weekend venu. Après tout, puisque l’absolution est systématique une fois l’acte de contrition effectué, ce serait ballot de ne pas en profiter. Et là, étrangement, comme si on comptait sur un miracle divin systématique pour chaque cérémonie, se rassembler à 50, ou au plus à la moitié de la capacité d’accueil du lieu de culte, est bel et bien possible.

Un bodybuilder est-il moins susceptible d’appliquer les gestes barrières qu’un croyant ? Est-il moins impérieux de permettre un exutoire par l’activité physique plutôt que par la ferveur ? Un croyant n’est-il pas susceptible de prendre sur lui pendant encore quelques semaines et continuer de prier en privé plutôt que de communier dans le collectif à tout prix ?

Il faut bien avouer aussi que dans l’histoire jamais nous n’avons connu de croisades de souleveurs de fonte partis guerroyer en quête de leur Sainte Haltère. Aussi, les autorités savent que frustrer l’expression de la dévotion est une pratique à risque. Ils font une sorte de pari, ils tentent de trouver la bonne alchimie entre péril épidémiologique et paix sociale au sein d’une petite collectivité. En l’espèce bien mal avisé serait celui qui se prévaudrait d’avoir la recette miracle. Nous serons de toute façon vite fixés.

Gageons au moins que ceux qui célébreront les offices rappelleront aux plus dévots que contrairement à ce que je me suis entendu dire hier en personne par une fidèle, être une enfant de Dieu et avoir le Seigneur dans son cœur ne suffit pas à s’immuniser contre le covid-19. L’amour de son prochain passe aussi par savoir faire la part des choses entre le mystique et le cartésien.

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