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Limoges: vidéos-choc de L214 sur l'abattage de vaches gestante

Limoges (AFP) – L’association L214, qui milite pour le bien-être animal et l’abolition de la consommation de viande, a diffusé jeudi de nouvelles vidéos-choc pour dénoncer les pratiques des abattoirs: en ligne de mire cette fois l’abattage de vaches en gestation, pratique courante qu’elle veut faire interdire.

Ces nouvelles images ont été tournées par Mauricio Garcia-Pereira, employé depuis sept ans à l’abattoir de Limoges et révulsé par les foetus de veaux qu’il a vu arrachés du ventre de leur mère à peine abattue.

Il a grandi dans une ferme et mange volontiers de la viande. Mais il « n’en peut plus » et s’est allié à l’association pro-vegan L214 pour lancer l’alerte à visage découvert, a-t-il dit à l’AFP. Une première dans l’histoire de l’association dont les vidéos choquantes de souffrances animales ont provoqué la fermeture temporaire de certains abattoirs et abouti à la création d’une commission d’enquête parlementaire.

Les images prises clandestinement par Mauricio Garcia-Pereira prouvent que des vaches portant des veaux prêts à naître sont fréquemment abattues, estime L214.

Or « il est interdit de transporter des vaches au-delà du huitième mois » de gestation, a affirmé à l’AFP son porte-parole, Brigitte Gothière. Selon elle, certains veaux figurant dans les vidéos « ont entre huit et neuf mois » car ils ont déjà des poils.

La législation européenne interdit le transport des animaux, et de fait leur abattage, « à compter de 90% du terme de la gestation, ce qui équivaut à huit mois pour une vache », confirme-t-on au ministère de l’Agriculture. 

L214, qui a lancé une pétition pour faire interdire l’abattage des vaches gestantes « au moins lors du dernier tiers de leur gestation », a annoncé avoir déposé plainte contre X jeudi auprès du Tribunal de Limoges pour établir les responsabilités éventuelles.

– Pas d’irrégularité pour la direction et la mairie –

« Les images de vaches gestantes que j’ai vues ne relèvent pas d’une irrégularité, contrairement à la pratique qui consiste à faire entrer une caméra dans un lieu où la prise d’images est soumise à autorisation », a réagi le directeur de l’abattoir, Pascal Pain. « Mon métier, c’est de respecter la réglementation, pas d’avoir des états d’âme », a ajouté lors d’une conférence de presse le patron du plus gros abattoir municipal de France (300 à 500 bêtes par jour, 80 employés).

La ville de Limoges, propriétaire de l’abattoir, s’est elle aussi défendue de tout manquement. « Ce qu’il y a sur ces vidéos se passe dans les mêmes conditions partout: 100% des animaux qui vont à l’abattoir meurent », a ironisé le premier adjoint au maire, Guillaume Guérin (Les Républicains).

Le chef de file de l’opposition socialiste à la mairie, Philippe Rheilac, s’est également déclaré solidaire de l’abattoir, « acteur essentiel de la filière agroalimentaire en Limousin, région d’élevage. »

Député européen du Limousin et socialiste lui aussi, Jean-Paul Denanot a de son côté annoncé avoir saisi la Commission européenne sur cette « pratique légale mais difficilement recevable au plan de l’éthique et du bien-être animal ».

Les vidéos tournées par Mauricio ont horrifié la Société protectrice des animaux (SPA), qui demande à l’Etat de modifier la loi pour mettre fin à une « pratique innommable ».

Quant à Brigitte Bardot, elle a accusé dans un communiqué de sa fondation le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, d’être le « complice de cette barbarie » et appelle les candidats à la présidentielle à « prendre au sérieux l’urgence des améliorations des conditions d’abattage ».

Selon L214, 170.000 vaches gestantes sont abattues chaque année en France.

Il s’agirait d’une aberration économique pour un éleveur franc-comtois interrogé par l’AFP, « étonné des chiffres avancés ». « Si une vache est pleine, sachant que déjà on paye l’insémination (45 euros environ), la plupart du temps, on la garde pour qu’elle vèle », estime cet éleveur.

Sur la foi de vidéos réalisées par un autre employé de l’abattoir, qui a pour sa part souhaité rester anonyme, L214 a également porté plainte contre l’abattoir de Limoges lui-même pour des « infractions répétées à la réglementation dans l’abattage et mauvais traitements sur animaux », notamment pour des étourdissements ratés de vaches et de cochons et pour une utilisation systématique et inappropriée des aiguillons électriques destinés à faire avancer les animaux.

L'employé de l'abattoir de Limoges Mauricio Garcia-Pereira, le 3 novembre 2016 à Limoges. © AFP

© AFP Pascal LACHENAUD
L’employé de l’abattoir de Limoges Mauricio Garcia-Pereira, le 3 novembre 2016 à Limoges

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