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L’ingestion de connaissances directement dans le cerveau en ligne de mire – Edito 13/11/2018

Dans la série « on n’arrête pas le progrès » j’ai lu hier un article qui nous apprenait que la frontière entre réalité et science-fiction s’était encore un peu plus réduite. En effet, dans une étude publiée dans le journal Frontiers in Human Neuroscience les chercheurs ont étudié les signaux électriques présents dans le cerveau d’un pilote professionnel en vol et les ont « administrés » à des sujets non formés alors qu’ils apprenaient à voler en utilisant un simulateur de vol. Les résultats ont été incroyables : les sujets recevant une stimulation avec des casques à électrodes ont montré une amélioration de leurs habiletés de vol et des techniques apprises avec une efficacité de 33% supérieure à celle des sujets traités avec des impulsions placebo. Notre cerveau change physiquement lorsque nous apprenons quelque chose, et dans des aires spécifiques. Le système vise donc à cartographier ces zones et ces modifications pour les induire de l’extérieur.

Évidemment nous n’en sommes qu’aux balbutiements mais avouez que c’est prometteur, cela ouvre un champ des possibles totalement inouï et inédit. A termes on pourrait donc imaginer pouvoir télécharger directement des connaissances dans le cerveau : pensez alors au degré de sophistication qu’atteindrait notre civilisation, le temps que nous gagnerions et qui pourrait être mis à profit d’autre chose.

Imaginez un monde où chacun partirait avec les mêmes chances à la base : n’importe qui voudrait être chirurgien le pourrait et aurait même le loisir de changer de carrière du tout au tout en cours de route. Mais en annihilant l’esprit de compétition et la sélection naturelle par la manière dont on apprend à se servir de notre intellect vers quel type de société se dirige-t-on ? Celle où immanquablement des autorités devront faire des choix pour nous et créer des quotas afin que tous les corps de métiers et toutes les compétences continuent d’être exercées. C’est de l’anticipation certes, mais je vous rappelle qu’il y a cent ans envisager que le summum de la modernité serait de se balader en permanence les yeux rivés sur un petit écran avec lequel on fait presque tout, ça aussi c’était de la science fiction …

Mais j’y pense si l’on sait repérer les zones où les mécanismes de la pensée opèrent, c’est qu’on doit bien être capable de repérer les endroits qui s’activent lorsque l’on débite des bêtises et que la quintessence de la connerie humaine s’illustre, non ? Pour les chercheurs là il y aurait du challenge, mais envisager de le cartographier ce serait prendre le risque de rapidement être confronté à un bilan qui donne le tournis.

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