EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

L’internet polynésien de plus en plus la proie d’attaques pirates – Edito 11/04/2018

Cela fait plusieurs semaines maintenant que l’accès à Internet fixe, par ADSL ou Fibre au Fenua connaît des interruptions de services régulières. Ce week-end au moins deux pannes ont eu lieu, et hier après-midi encore une autre. Vous êtes nombreux à vous en plaindre et à m’interpeller sur le sujet.

L’opérateur avait déjà signalé qu’il était victime de ce que l’on appelle des attaques DDoS, autrement appelées attaques par déni de service. Pour faire simple, des pirates submergent les serveurs d’une entreprise ou d’un fournisseur d’accès avec de trop nombreuses requêtes simultanées qui soit les ralentissent, ou pire, les paralysent complètement. Cela empêche donc les utilisateurs comme vous et moi de pouvoir surfer normalement sur le web puisque les serveurs de Vini ne peuvent même plus répondre à nos propres requêtes qui elles sont légitimes.

Donc, peut-on blâmer Vini alors qu’après tout elle est la principale victime de ces attaques ? La réponse serait oui, si en tant que Fournisseur d’Accès à Internet elle avait, par souci d’économie ou par défaut d’anticipation, sous-dimensionnés les moyens de prévenir ces attaques et/ou d’y répondre. Car si en effet l’opérateur réagit systématiquement et avec succès, généralement en moins d’une heure, pour rétablir le trafic il n’en demeure pas moins qu’en attendant cela reste, commercialement parlant, et au vu de leur fréquence, d’agaçants Black-Out d’internet.

Mais qu’est-ce qui peut bien motiver des pirates à attaquer aussi régulièrement les serveurs de l’opérateur public polynésien ? C’est quand même bizarre non ? On ne peut pas dire que stratégiquement il s’agisse d’une cible de choix. Sauf éventuellement s’il y avait, comme cela existe ailleurs, des demandes de rançons qui ne seraient pas satisfaites … Certains trouvent cela de plus en plus gros et en viennent à douter de la réalité de ces attaques et se demandent s’il ne s’agirait pas d’excuses bien opportunes pour couvrir des dysfonctionnements qui s’ils étaient rendus publics décrédibiliseraient totalement le fournisseur de services.

Pour en avoir le cœur net, j’ai donc appelé dans les hautes sphères de Vini où l’on est parvenu à me convaincre avec force détails et une bonne foi palpable que les attaques étaient bien réelles et sans demande de contrepartie. Pour ces 3 premiers mois de 2018, il y en a déjà eu presque deux fois plus que durant tout 2017.

Ceci étant dit, au centre de notre économie et du workflow des entreprises, quelles que soient leur taille, et sans compter les projets et les espoirs portés par les pouvoirs publics dans le domaine, l’impossibilité récurrente d’utiliser internet ce n’est pas quelque chose dont on va pouvoir se contenter. Le risque c’est de passer pour les tiers-mondistes du numérique qui n’ont pas les moyens de leurs ambitions. C’est d’ailleurs à ce titre que l’on m’a confirmé que dans les 4 à 6 mois de nouveaux équipements seraient déployés pour minimiser l’impact de ces attaques. En attendant, pas le choix, il faudra s’armer de patience car le système de facturation lui par contre reste vierge de toute panne informatique, et certains n’apprécieront pas cette performance.

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