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Liquidation de la Dépêche : des années de sabordage – Edito 15/10/2020

Je connais des professionnels particulièrement valeureux du côté de la Dépêche de Tahiti, et avec leurs collègues, ils vivent des moments très difficiles. La liquidation judiciaire de leur journal a été décidée cette semaine. Le Parquet ayant fait appel hier après-midi, la décision est suspendue jusqu’au prochain jugement. On ne peut pas dire que le contexte de ces quelques derniers mois ait beaucoup aidé pour redresser la barre d’un navire qui était déjà en péril, avec un marché publicitaire qui s’est écroulé et qui a même conduit le concurrent Tahiti Infos à transformer son gratuit en quotidien payant pour sauver les meubles.

Si le devenir de certains de mes confrères en péril m’importe sincèrement au plus haut point, leur détresse immédiate ne doit pas pour autant devenir un rideau occultant d’autres situations injustes au premier sens du terme. Ainsi j’estime qu’il est intellectuellement malhonnête de charger une mule providentielle. Cet ex employé qui galérait depuis des années afin de se faire payer son dû est en effet à l’origine de la dernière procédure ayant conduit à la liquidation de la Dépêche, mais est-il LE responsable tout désigné pour autant ?

C’est l’arbre par lequel on voudrait trop grossièrement cacher la forêt de l’inconséquence, du non-sens et de l’orgueil. Ainsi les dernières années ont été publiquement émaillées par les errements moraux et légaux d’un actionnaire principal qui renâclait systématiquement à honorer l’apurement de ses dettes envers d’ex salariés. Des dettes contractées pour la plupart, bêtement, en virant les gens avec perte et fracas sans aucun respect des conventions. Selon nos sources se seraient ainsi plus de 170 millions de francs pacifiques d’indemnités qui seraient encore à régler. Comme quoi, le contexte économique lui aussi il a bon dos.

Mes camarades doivent vraiment en avoir gros sur la patate, mais aujourd’hui ils sont bien obligés de la boucler face à l’arrogance et l’entêtement de celui qui dit les payer de sa poche. Même si entre temps, et comme c’est déjà arrivé, les sommes ont dû transiter par diverses sociétés étrangères dont certaines basées en Afrique.

Est-ce l’expérience acquise là-bas qui conduit celui qui se rêvait Roi de la Presse Polynésienne à vouloir s’affranchir sans aucune vergogne du B A BA des principes de base de gestion de la ressource humaine ? Comment peut-on se projeter en homme de médias quand de notoriété publique on se targue d’entretenir un tel mépris envers les journalistes et autres professionnels de ce secteur ?

A trop croire que tout le monde est taillable et corvéable à merci pour besogner comme dans ses vignes, à s’imaginer que l’argent achète le talent et la crédibilité, bref à trop intriguer, on finit par couler un monument de l’identité de la Polynésie, dans le vinaigre.

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1 Commentaire

  1. Mazellier Victoria
    15 octobre 2020 à 13h00 — Répondre

    Merci Alexandre de dénoncer la malhonnêteté de Auroy. Après les Nouvelles, La Dépêche de Tahiti. Depuis 2015, il ne paye plus non plus le loyer de location de l’immeuble de la Fautaua, ni l’assurance d’exploitation. Il nous doit à ce jour près de 100 millions d’indemnités illégales d’occupation de l’immeuble. Il squatte et nous n’arrivons pas à le déloger par voie judiciaire. De toutes ses sociétés et leurs comptes détournés, Auroy est insolvable, mais paye les Journalistes restants de sa poche ? L’appel du procureur Leroy est incompréhensible ! Pourquoi continuer de le protéger ainsi ? Ou est la vraie justice…signée Victoria Mazellier, veuve de Philippe Mazellier, le fondateur de La Dépêche de Tahiti (qui doit se retourner dans sa tombe !)

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