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Loi travail: coupure de courant, transports perturbés à 8 jours de l'Euro

Paris (AFP) – Coupure de courant géante, transports perturbés, gare de Lyon bloquée, barrages filtrants, manifestations…:  à huit jours de l’Euro, la guerre des nerfs entre le gouvernement français et les opposants à la loi travail se poursuivait jeudi, avec des actions multiformes et parfois spectaculaires, sans blocage généralisé.

En fin de matinée, un groupe de grévistes opposé à la loi travail a envahi un poste de haute tension (225.000 volts) en Loire-Atlantique, qui alimente la région de Saint-Nazaire. Résultat: 125.000 foyers privés d’électricité. Les occupants sont partis vers midi et le rétablissement du courant était en cours à la mi-journée.

A Paris, des manifestants ont envahi le poste d’aiguillage à la gare de Lyon, empêchant tout départ pendant une heure.

La journée avait commencé par de nombreux blocages et barrages filtrants partout en France: centrale de Flamanville, gare de Lorient, chantiers navals STX de Saint-Nazaire, usine Renault Cléon près de Rouen… A Toulouse, huit policiers ont été légèrement blessés en intervenant sur un blocage. 

Alors que les grèves persistent aussi dans les raffineries, dans les ports et docks, l’énergie ou encore le secteur du traitement des déchets, le Premier ministre, Manuel Valls, a évoqué son « sentiment de gâchis » sur l’impact économique du conflit social.

Les opposants à la loi travail battaient également le pavé dans plusieurs villes, en attendant une manifestation nationale à Paris, le 14 juin, à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, Fidl, UNL).

Au moins 2.500 personnes défilaient à Nantes, où a eu lieu un face-à-face tendu entre plusieurs dizaines de jeunes au visage dissimulé et les forces de l’ordre. Deux manifestations avaient aussi lieu à Rennes.

Entre 1.300 et 5.000 personnes ont manifesté sur un site Arkema dans la banlieue de Lyon, en marge d’une visite du ministre de l’Economie, Emmanuel Macron.

Une centaine de grévistes occupaient le siège du Medef de l’Aude, selon des sources syndicales, et des manifestants ont brièvement bloqué Radiall, l’entreprise du patron du Medef, Pierre Gattaz, dans l’Isère. Ce dernier avait créé la polémique en comparant certains militants CGT à des « terroristes ». Un mot « inadapté », a-t-il ensuite reconnu.

En pointe de la mobilisation, le patron de la CGT, Philippe Martinez, a accusé l’exécutif de refuser le dialogue, renvoyant au gouvernement la responsabilité d’éventuelles grèves pendant l’Euro. Il a promis cette semaine « la plus forte mobilisation depuis trois mois ».

Mais le gouvernement entend « tenir sur le fond » du projet, sur lequel près de 400 amendements ont été déposés en commission au Sénat, après l’utilisation du 49-3 à l’Assemblée nationale.

– Trafic normal à la RATP –

A la SNCF, où les négociations d’entreprise sont dans leur phase finale, le trafic des trains était perturbé pour la deuxième journée consécutive, après la reconduction de la grève. L’entreprise prévoit seulement 40% des Transiliens et RER en circulation, un tiers des Intercités, la moitié des TER et six TGV sur dix.

Dans les transports publics parisiens, la CGT-RATP a appelé à partir de jeudi à une grève illimitée pour des questions salariales et contre le projet de loi travail. Mais le trafic était normal dans le métro, les bus, les tramways et sur le RER A.

Côté ciel, le trafic était légèrement perturbé, notamment à Orly et Lille où Air France a annulé 10% des vols, en raison d’une grève des contrôleurs aériens à l’appel de la CGT-fonction publique contre « l’inacceptable » loi travail.

En revanche, les cinq syndicats des aiguilleurs du ciel ont levé leur préavis de grève pour le week-end, après une réunion de négociation sur les effectifs et les primes.

Les difficultés pourraient arriver plus tard: à Air France, la menace d’une grève des pilotes en juin, pour des raisons purement internes, s’est précisée, avec un préavis annoncé par le Spaf (deuxième syndicat) à compter du 11 juin. Le SNPL (majoritaire) se prononcera dans la semaine.

Du fait des grèves, six raffineries sur huit restaient « à l’arrêt ou au ralenti », selon la CGT-pétrole.

Côté énergie, la CGT accentue son action avec un appel à la grève reconductible, tandis que la CFE-CGC-Energies et l’Unsa-Energies se joignent à la mobilisation jeudi. Des arrêts de travail ont été votés dans 16 des 19 centrales nucléaires françaises, et des militants ont basculé plus d’un million de foyers en tarifs heures creuses en Ile-de-France, ainsi qu’à Lorient et dans les environs de Cherbourg.

La gare de Lyon déserte, le 1er juin 2016 jour de grève à la SNCF. © AFP

© AFP KENZO TRIBOUILLARD
La gare de Lyon déserte, le 1er juin 2016 jour de grève à la SNCF

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