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Loi travail: semaine agitée dans les transports à l'approche de l'Euro de foot

Paris (AFP) – Le gouvernement n’en a pas terminé avec la contestation de la loi travail: après les carburants, le secteur des transports s’apprête à vivre une semaine agitée avec des appels à la grève, reconductibles, lancés pour des motifs mêlant revendications internes et opposition à la loi travail, alors que l’Euro de football approche.

La situation s’est améliorée sur le front des carburants, avec le déblocage de la quasi-totalité des dépôts pétroliers, mais des perturbations perdurent. « Il y aura de l’essence » lundi dans les stations, a assuré dimanche le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, notant que « les chiffres de l’approvisionnement des stations sont en train de s’accroître ».

Six des huit raffineries françaises sont toujours à l’arrêt ou au ralenti. La grève a été reconduite aux terminaux pétroliers de Marseille et du Havre, qui alimentent Orly et Roissy en kérosène. Le gouvernement a néanmoins imposé un service minimum. 

L’issue au conflit reste incertaine tant que le bras de fer se poursuit entre l’exécutif et les anti-loi travail, CGT en tête. Le président, François Hollande,  et le Premier ministre, Manuel Valls, entendent aller « jusqu’au bout » du projet de loi et se montrent inflexibles sur l’article 2, qui consacre la primauté de l’accord d’entreprise sur la branche. La modification de cet article, point névralgique de la fronde, est présentée par certains députés socialistes comme l’unique porte de sortie.

article 2 La prochaine étape parlementaire se déroulera au Sénat à partir du 13 juin. 

Selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche, 46% des Français souhaitent que le gouvernement retire le projet. Mais selon un autre sondage Odoxa-Le Parisen, 53% des Français ne soutiennent pas le mouvement actuel. 

Les opposants au texte, qui réclament son retrait pur et simple, ne baissent pas les bras. L’intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, Fidl, UNL) a ainsi appelé « à poursuivre et amplifier les mobilisations » avant la prochaine journée nationale d’action le 14 juin.

– Négociations cruciales à la SNCF –

D’ici là, la mobilisation va se concentrer dans les transports. 

A la SNCF, où de délicates négociations internes sur le temps de travail des cheminots entrent dans leur phase finale, les quatre syndicats représentatifs (CGT, Unsa, Sud Rail et CFDT) ont déposé des préavis de grève reconductibles à partir de mardi soir. Aux motifs internes, la CGT-Cheminots, premier syndicat, et Sud Rail ont ajouté l’opposition à la loi travail.

Les syndicats espèrent, avec ce mouvement, peser sur les négociations qui doivent se poursuivre jusqu’au 6 juin, à quelques jours du coup d’envoi, le 10, de l’Euro de football, dont la SNCF est le transporteur officiel.

L’Unsa, deuxième syndicat à la SNCF, juge pour l’heure les propositions de la direction « insuffisantes », et maintient en l’état son préavis. Comme la CFDT, elle prendra sa décision lundi.

Pour la SNCF, cette menace de grève dure vient s’ajouter à une fin de semaine difficile, avec deux pannes successives qui ont bloqué des milliers de passagers vendredi et dimanche.

Pour les Franciliens, des difficultés sont aussi à prévoir à partir de jeudi à la RATP, avec un appel à la grève « illimitée » de la CGT. Le premier syndicat de la régie demande la réouverture des négociations salariales annuelles et le retrait du projet de loi El Khomri. 

« Il n’y aura pas de grève de trains et de métros » pendant l’Euro, a affirmé le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui prône la négociation dans ces deux entreprises et dit ne pas pouvoir « croire une seule seconde » que les responsables de la CGT « prennent en otage la France ». 

Sud-RATP, troisième force syndicale, a déjà appelé à une grève illimitée à compter du lancement de l’Euro « contre la loi travail et « la remise en cause du statut RATP ».

Le trafic aérien pourrait aussi connaître des perturbations, en raison d’une grève à l’Aviation civile (DGAC) prévue du 3 au 5 juin, pour des revendications purement internes.

Enfin, dans les ports et docks, la CGT appelle à un arrêt de travail de 24 heures jeudi contre la loi El Khomri.

Le Premier ministre Manuel Valls lors d'une réunion à Matignon avec les pétroliers et les transporteurs le 28 mai 2016 à Paris. © AFP

© AFP FRANCOIS GUILLOT
Le Premier ministre Manuel Valls lors d’une réunion à Matignon avec les pétroliers et les transporteurs le 28 mai 2016 à Paris

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