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L'épidémie de tuberculose plus grave qu'on ne le pensait, selon l'OMS

Miami (AFP) – L’épidémie de tuberculose est plus grave qu’on ne le pensait jusqu’à présent, avec 10,4 millions de personnes infectées l’année dernière, à un moment où la recherche d’un vaccin ou d’autres médicaments est « sévèrement sous-financée », selon un rapport de l’OMS publié jeudi.

« La bataille pour atteindre nos objectifs mondiaux dans la lutte contre la tuberculose est de plus en plus difficile », a souligné la directrice générale de l’OMS Margaret Chan.

« Il va falloir augmenter nos efforts massivement, au risque de voir des pays continuellement courir après cette épidémie mortelle, et les objectifs ambitieux ne seront pas remplis », a-t-elle souligné.

L’objectif est de réduire le nombre absolu de morts par tuberculose de 35% et celui de gens infectés de 20% en 2020 par rapport au niveau de 2015.

Pour 2030, l’objectif de la communauté internationale est de réduire de 90% le nombre de morts par tuberculose et de 80% les infections.

Quelque 1,8 million de personnes sont mortes de la tuberculose en 2015, soit 300.000 de plus que l’année précédente, selon le rapport annuel de l’Organisation mondiale de la santé.

La tuberculose est due à une bactérie – le bacille de Koch – qui, dans les cas les plus fréquents, infecte les poumons et les détruit peu à peu.

Deux personnes sur cinq, qui ont été infectées, n’ont pas été diagnostiquées et ont donc pu répandre la maladie qui se transmet par voie aérienne.

Qui plus est, un demi-million de personnes ont été infectées par des formes de tuberculose résistantes aux antibiotiques. 

Pour l’ONG Médecins du monde, ce rapport « est un signal d’alarme pour que l’on mette fin au statu-quo sur la façon de diagnostiquer et traiter la tuberculose et ses formes résistantes ».

– L’Inde sous-estimée –

Les chiffres sur l’étendue de l’épidémie ont été révisés à la hausse essentiellement parce que les chercheurs ont réalisé que les estimations en Inde, sur la période 2000-2015, étaient trop basses.

Six pays représentent 60% des cas de nouvelles infections: l’Inde, l’Indonésie, la Chine, le Nigeria, le Pakistan et l’Afrique du Sud.

La tuberculose reste l’une des 10 principales maladies mortelles dans le monde, même si sur une période de 15 ans, le nombre de morts provoquées par cette maladie souvent associée à la pauvreté et aux conditions insalubres a baissé de 22%.

Mais, cela ne suffit pas de toute façon à atteindre les objectifs que s’est fixé la communauté internationale. Le nombre d’infections devrait baisser de 4 à 5% par an jusqu’en 2020 pour atteindre les objectifs, soit trois fois plus vite que ce n’est actuellement le cas.

– Argent, nerf de la guerre –

Le manque de fonds est aussi un problème récurrent dans la lutte contre cette maladie.

Entre 2005 et 2014, les fonds disponibles ont été de seulement 700 millions de dollars par an. Et il faudrait 2 milliards de dollars par an pour la recherche et le développement de traitement antituberculeux, selon le rapport.

Il faut « augmenter ses investissements maintenant, ou nous n’arriverons tout simplement pas à éradiquer l’une des plus vielles et des plus mortelles maladies au monde », a souligné Ariel Pablos-Mendez, l’un des responsables de l’agence américaine de développement USAID.

Le 7 décembre 2007 à 45 km de Phnom Penh au Cambodge, dans un hôpital, des patients atteints de  tuberculose qui, dans les cas les plus fréquents, infecte les poumons et les détruit peu à peu.. © AFP

© AFP/Archives TANG CHHIN SOTHY
Le 7 décembre 2007 à 45 km de Phnom Penh au Cambodge, dans un hôpital, des patients atteints de tuberculose qui, dans les cas les plus fréquents, infecte les poumons et les détruit peu à peu.

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