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L'UEFA ouvre à Athènes l'ère post-Platini qui a "la conscience tranquille"

Athènes (AFP) – Le Slovène Aleksander Ceferin, opposé au Néerlandais Michael van Praag, est le grand favori de l’élection mercredi à Athènes du successeur de Michel Platini, président déchu de l’UEFA, sur fond de grogne autour de la réforme de la Ligue des champions et du poids grandissant des grands clubs.

Dans son dernier discours devant ses pairs, Platini, l’ancien patron du football européen, a assuré avoir « la conscience tranquille », malgré sa suspension pour quatre ans pour « abus de position », « conflit d’intérêts » et « gestion déloyale » par la justice interne de la Fifa.

. L’heure des adieux

« Ma conscience est tranquille » : pour Platini, c’était l’heure des adieux mercredi matin à Athènes. Et le patron déchu du football européen s’est défendu une dernière fois.

« Sachez simplement que ma conscience est tranquille », a-t-il assuré. « Je suis certain de ne pas avoir commis la moindre faute, et que je continue le combat judiciaire », a ajouté l’ancien capitaine des Bleus.

Suspendu initialement pour huit ans par la justice interne de la Fifa, après avoir été jugé coupable d' »abus de position », de « conflit d’intérêts » et de « gestion déloyale », comme Joseph Blatter, l’ancien président de la Fédération internationale, dont il avait reçu un paiement controversé de 1,8 million d’euros en 2011, neuf ans après un supposé travail de conseiller effectué, le triple Ballon d’or a vu sa peine finalement réduite à quatre ans d’interdiction de toute activité liée au football par le Tribunal arbitral du sport (TAS).

Officiellement démissionnaire depuis le 9 mai, l’ex-joueur de la Juventus Turin avait cependant reçu le feu vert de la Fifa lundi pour s’exprimer une dernière fois devant l’UEFA.

Ce dernier discours devant ceux qui l’avaient élu à trois reprises (2007, 2011, 2015), Platini y tenait. Mais certains avaient grincé des dents en apprenant sa venue. « Le congrès de l’UEFA doit être marqué par le programme de son nouveau président et non par les erreurs de son prédécesseur », avait ainsi taclé le président de la Fédération allemande, Reinhard Grindel.

. Ceferin, de l’ombre à la lumière

L’Espagnol Angel Maria Villar s’est retiré, laissant deux candidats s’opposer : Michael van Praag, 68 ans, président de la Fédération néerlandaise, et son homologue de la Fédération slovène Aleksander Ceferin, 48 ans.

C’est ce dernier, inconnu du grand public, qui part favori. « Il a le soutien des pays de l’ancien bloc de l’Est, qui votent toujours unis, et de certains pays nordiques », expose un familier des instances.

Ce juriste au regard clair et au visage taillé à la serpe se présente comme l’homme du renouveau et la voix des petites nations. Comme un certain Platini en 2007.

Père de trois enfants, il se revendique farouchement indépendant alors qu’un magazine norvégien l’a présenté comme la marionnette de Gianni Infantino, le nouveau président de la Fifa.

Pour ceux qui s’intéressent aux instances, Van Praag est lui connu. Crâne chauve, petites lunettes et voix imposante, il fut un éphémère candidat à l’élection à la présidence de la Fifa – en 2015 avant de se retirer – pour contester la gestion Blatter.

L’ancien président de l’Ajax Amsterdam dégage une autorité naturelle. Mais il incarne l’ordre établi puisqu’il est membre du comité exécutif de l’UEFA, le gouvernement du foot européen, depuis 2009.

Dans cette élection, chacune des 55 fédérations composant l’UEFA dispose d’une voix, Gibraltar pesant par exemple autant que l’Allemagne. Le nouveau président sera élu pour deux ans et demi (et non quatre comme d’ordinaire), la durée de mandat qu’il restait à Platini. Il deviendra de facto un des vice-présidents de la Fifa.

. Dossier brûlant

Le futur boss du foot européen sait déjà qu’un dossier brûlant l’attend sur son bureau. L’UEFA a annoncé fin août une refonte de la Ligue des champions : pour la période 2018-2021, quatre places en phase de poules seront assurées à l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne et l’Italie, récompensées par les bons résultats passés de leurs clubs dans l’épreuve reine (ils occupent la tête de l’indice UEFA).

Gérée depuis la suspension pour quatre ans de Platini par son secrétaire général par intérim, le Grec Théodore Theodoridis, l’UEFA a ainsi voulu empêcher la création d’une SuperLigue concurrente par une poignée de grands clubs européens.

Mais en dehors des quatre bénéficiaires, la colère monte. L’Association européenne des ligues de football professionnel (EPFL) dénonce une « décision qui creuse le gouffre sportif et financier entre les plus grands clubs en Europe et les autres ». L’EPFL menace de programmer des matches en même temps que ceux de l’UEFA et interpelle son futur président sur cette réforme.

« Si je suis élu, je ne pourrai pas la changer », a déjà prévenu Ceferin dans L’Equipe. Van Praag lui fait passer le message qu’il inspectera le processus. Ultime promesse de campagne ?

Michel Platini, président déchu de l'UEFA, salue les participants après son discours d'adieux, le 14 septembre 2016 à Lagonissi, près d'Athènes. © AFP

© AFP ARIS MESSINIS
Michel Platini, président déchu de l’UEFA, salue les participants après son discours d’adieux, le 14 septembre 2016 à Lagonissi, près d’Athènes

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