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Mahana Day, ambassadeurs, Maitai oe… « Renouer le lien social » pour prévenir le suicide

Alors que SOS Suicide constate une hausse des tentatives, et dénombre 30 à 40 décès chaque année, l’association organise le 5 février la première édition du Mahana Day. Un évènement préparé avec la députée Nicole Sanquer et dont l’objectif est d’encourager à « renouer le lien social et familial ». Au travers d’une journée de rencontres et de débat, de l’élaboration d’une charte de lutte contre le suicide, mais aussi grâce à des jeunes « ambassadeurs » formés pour repérer les situations à risque dans les collèges et lycées. Le collectif veut même encourager l’échange dans les familles et les entreprises, avec des journées « Maitai oe ? » tous les 5 du mois.

Chaque année, « 30 à 40 décès » sont recensés, et une hausse des tentatives de « plus de 16 % », rappelle Annie Tuheiava. Pour la présidente l’association SOS Suicide, la prévention est devenue une « nécessité en matière de santé publique ». Une situation d’autant plus alarmante que le mal-être touche « souvent des jeunes » : « On voit que même des adolescents à partir de 9 ans, 10 ans, 11 ans, pensent à mettre fin à leurs jours parce qu’ils ont de telles souffrances qu’ils n’arrivent pas à partager, ils subissent un harcèlement parfois, vous avez le fléau de la drogue qui peut aussi intervenir », explique la députée Nicole Sanquer, qui s’est engagée avec l’association pour « adresser ce problème » avec une nouvelle action.

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Ensemble, ils organisent la première édition du « Mahana Day – une lumière de vie pour aujourd’hui » à l’école hôtelière de Punaauia, ce 5 février. Une date qui correspond à la Journée nationale de prévention du suicide. L’objectif et thème de cet évènement : « Renouer du lien social et familial », avec un dresscode : jaune. Pour l’occasion, des stands d’informations, notamment ceux de la fédération de lutte contre l’ice ou de Cousin Cousines (association pour les droits LGBT+), seront présents. Plusieurs membres du gouvernement, ainsi qu’une quarantaine de membres d’institutions et de services de l’État, du Pays et des communes, ont également été conviés.

Débats, court-métrage et « tarte conversation »

Au programme de la matinée : projection du court-métrage Dis-le, réalisé par Marie-Ève Tefaatau. Un film qui raconte une expérience personnelle et « reflète une réalité que certains jeunes peuvent connaître, mais que les adultes ne réalisent pas », souligne la députée. Suivie de débats animés par différents professionnels, dont un psychologue du CHPF et des intervenants de SOS Suicide. Pour l’occasion, une courte vidéo de Hinaupoko Deveze sera également diffusée. « C’est parlant, car son enjeu c’est la santé mentale », précise Nicole Sanquer.

L’après-midi sera consacré aux ateliers et à la réflexion collective. Parmi eux, la dégustation de la « première tarte conversation polynésienne ». Cette ancêtre de la galette des rois, et grand classique de la pâtisserie revisité pour l’occasion par les élèves de l’école hôtelière, « avait pour objectif de réunir et fédérer les personnes lors de concertations importantes » rappellent les organisateurs. Et il ne s’agira pas seulement de savourer le dessert mais de poser les bases, avec les responsables associatifs et institutionnels, les professionnels, des représentants de parents d’élèves ou des membres de familles endeuillées, d’un futur plan ou charte de prévention.

« Maitai oe ? » : un défi mensuel pour la population

Avec des représentants des élèves aussi. Des futurs « ambassadeurs » qui – avec « l’accord et le soutient de la DGEE » – seront formés pour « aider à détecter une personne qui est en mal-être, savoir comment l’aider et trouver des solutions rapides, immédiates ». Annie Tuheiava le sait : la première étape pour aborder ce sujet sensible c’est la création d’un lien de confiance. « Quand la personne arrive – parce que les Tahitiens, ils ont honte, ils n’osent pas en parler – l’objectif, c’est valoriser, explique Annie Tuheiava. Quand on lui dit : tu viens d’où ? ‘Je suis des Australes.’ Wow, c’est bien ! Là, il est content de parler de lui et à ce moment-là, on crée un lien. Il faut gagner la confiance. Une fois qu’il est détendu, il peut parler, il peut se confier. Vous voyez, c’est très important le premier contact. »

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Enfin, au-delà de cette journée, l’association et la députée souhaitent inscrire la prévention dans la durée avec un défi mensuel, toujours accompagné du code couleur jaune. « On va s’inspirer de l’expérience australienne Are you ok today ?, explique Nicole Sanquer. C’est-à-dire, demander à son voisin, à son ami ou à son frère, même à son collègue de travail, si il va bien. Are you ok today ? Maitai oe ? Pour être à l’écoute et être moins dans un comportement individualiste et égoïste finalement ». Tous les 5 du mois, jusqu’aux 10 septembre – date de la journée internationale de prévention du suicide – la population est donc invitée à contacter une personne de son entourage pour prendre des nouvelles.  

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