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Mairefano Tematafaarere veut remettre le autera’a au goût du jour

Mairefano Tematafaarere est lauréate du Prix Créadie dans la catégorie économie sociale et solidaire. Il y a un an elle a lancé sa micro-entreprise sur l’île soeur: Autera’a Moorea. Le cœur de son métier ? Collecter et valoriser les noix de badamier. Amandes de autera’a entières, bonbons, rochers gourmands, thés … une activité artisanale et écoresponsable qu’elle souhaiterait développer à plus grande échelle. 

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Valoriser les autera’a. C’est le défi que s’est lancé il y a un an Mairefano Tematafaarere. Originaire de Moorea, cette comptable de formation — que rien ne prédestinait à l’artisanat — a lancé une micro-entreprise dédiée à la collecte et à la transformation des noix de badamier. Ce fruit à coque local, autrefois consommé quotidiennement par les enfants comme par les adultes, est aujourd’hui largement gaspillé. Elle, rêve d’en faire une véritable filière. « J’ai un bac pro comptabilité, donc j’avais les bases pour monter une entreprise. Et puis je n’étais plus motivée à postuler ailleurs. J’avais envie de faire quelque chose pour moi », raconte-t-elle.

« On gaspille plus de 10 tonnes de autera’a par an »

Après des expériences dans un cabinet comptable, dans l’hôtellerie, puis dans une ferme perlière aux Gambier, Mairefano décide de sortir de sa zone de confort. Pendant la crise Covid, elle observe : « Les enfants adorent les autera’a, tout les Polynésiens on en mangé et aiment ça , mais personne ne les valorise vraiment. » En 2023, elle commence à en collecter, et se rend rapidement compte du potentiel de cette amande « trop souvent délaissée ». « J’ai fait une estimation du nombre de pieds de badamiers à Moorea. On gasspille plus de 10 tonnes de autera’a chaque année ! Personnellement depuis 2023, j’essaie d’en récolter au moins une tonne par an ».

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Une quantité conséquente qu’elle collecte et casse seule, à l’ancienne, de manière artisanale et « une par une »… Un travail de patience et de précision mais qui ne l’effraie pas : elle préfère conserver cette méthode pour garder la qualité de son produit. « J’ai mis en place des techniques pour éviter de casser les amandes mais aussi les noix. Elles sont différentes en fonction de la taille du autera’a. Il faut savoir que plus il est gros, plus il est difficile à casser et que plus il est petit, plus l’amande à l’intérieure est petite », explique-t-elle.

Mairefano expose régulièrement ses produits

Des autera’a et des produits dérivés 

Mais à l’entendre, ce qui a été difficile en revanche, c’est de réussir à conserver ses produits qui sont très sensibles à l’humidité. « J’ai fais des démarches professionnelles pour voir si il y a des gens qui ont déjà collecté et commencer à collecter et valoriser le autera’a. Il y a des petits artisans qui font ça au bord de route et qu’ils les vendent dans les bocaux mais c’est compliqué… car ils ne se conservent pas très longtemps. Personnellement j’ai dû faire des recherches pour traiter le autera’a et le faire durer plus longtemps. »

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Elle teste, tâtonne, et finit par trouver la solution : la mise sous vide. Grâce à cette technique, elle peut désormais répondre à la demande croissante des particuliers, mais aussi d’hôtels et de restaurants. « J’ai plein de commandes, mais pas assez de bras ! », confie-t-elle. Mairefano cherche donc des partenaires pour l’aider dans la collecte, avec l’idée de créer, à terme, de l’emploi local: « Il ne faut pas de diplôme pour faire ça. Juste des bras, un peu de temps, et de l’envie. » Et son activité ne s’arrête pas là : au-delà des amandes entières, elle fabrique aussi des produits dérivés — bonbons de autera’a, rochers gourmands, thés à base de feuilles de tumu autera’a — et valorise même les coques en copeaux de paillage pour le jardin. « Je ne jette rien. C’est vraiment du zéro déchet », se félicite la jeune femme qui se voit, pourquoi pas, pionnière d’une véritable filière de noix de badamier.