EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Mais au fait !? Et les dauphins à Moorea ?! – Edito 02/10/2020

Et pendant ce temps là, à Moorea, nichés au cœur d’un complexe hôtelier devenu fantomatique en raison de sa fermeture définitive, et dont le démantèlement est allé jusqu’à la revente des interrupteurs électriques des bungalows, quelques dauphins sont encore dans leur enclos. Le Dolphin Center de l’île sœur tourne au ralenti. Il y a bien quelques visites organisées d’écoliers, de rares touristes téméraires qui outre l’épidémie de Covid-19 bravent les alentours désaffectés pour réaliser coûte que coûte leur rêve de côtoyer de près ces mammifères marins.

Selon des informations que j’ai pu recueillir de source sûre, les soins prodigués aux cétacés n’ont jamais cessés. Toutefois il n’y a rien de magique, on parle ici d’une structure commerciale privée qui n’est pas à l’abri de la faillite durant cette crise, notamment si dans un premier temps elle ne réduit pas au moins la voilure de sa masse salariale. On imagine mal que les dauphins soient mis à la diète.

Je n’ai jamais été fan du concept de la captivité des animaux à des fins récréatives pour les humains, que ce soit dans un cirque ou ailleurs. Toutefois, selon mon expérience personnelle, cela a systématiquement dû être mis en perspective avec la passion et l’amour réels que les personnes qui ont à les gérer ont pour ces animaux. De nombreuses fois durant ces 20 dernières années j’ai pu par exemple en avoir la démonstration au Dolphinquest de Moorea devenu ensuite le Dolphin Center. Je nourris ainsi l’intime conviction que les dauphins y sont non seulement choyés mais aimés et que dans la mesure du possible tout est fait pour leur donner une belle vie. Mais une vie sans liberté. Aussi a-t-on le droit de s’inquiéter du devenir de ces bêtes majestueuses si la structure qui les accueille devait elle aussi baisser le rideau pour toujours et alors qu’aucune annonce publique n’a encore été faite à ce sujet.

Le moment me parait cependant particulièrement propice pour le faire. En effet, au plan national nous apprenions en début de semaine qu’un nouveau décret qui sera adopté très prochainement entérinera en France l’interdiction immédiate de la reproduction et de l’introduction de nouveaux animaux ; qu’ensuite, dès 2022, les parcs français ne pourront plus détenir d’orques ; et en 2027, plus de dauphins. Cela va de pair avec des mesures similaires prises pour les spectacles contenant des animaux sauvages, dont les cirques, particulièrement décriés.

Quelle est la position des autorités de la Polynésie française sur ce dossier ? Si ce décret qui a force de loi n’est pas étendu automatiquement à notre territoire, cet élan métropolitain respectueux de prise de conscience qui élève l’humain par rapport au règne animal sera-t-il suivi au Fenua ? La considération de la valeur d’une avancée vertueuse est-elle la même selon l’hémisphère, ou chez nous ça va encore faire plouf ?

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Répondeur de 6:30, le 02/10/2020

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