
À l’occasion d’une visite de chantier à Tahiti-Faa’a, Moetai Brotherson a fait le point sur la fréquentation touristique, qui après trois années record, affiche des chiffres inquiétants au premier trimestre. Baisse de 5,4% des arrivées, -12,5% chez les Américains… Le président du Pays estime pourtant que les niveaux de réservations annoncés par Tahiti Tourisme ont de quoi rendre optimiste. « On pense qu’il y aura encore une hausse de la fréquentation » en 2026, dit-il. Côté aéroport, on observe surtout une croissance du trafic interîles : la nouvelle salle d’embarquement domestique, plus confortable et plus équipée, doit y répondre d’ici le début 2027.
« Tout ça va participer au confort de nos citoyens, mais aussi de nos visiteurs », indique le président Moetai Brotherson, ce vendredi, lors de la présentation des futurs aménagements de l’aérogare de Tahiti-Faa’a. Pour répondre aux critiques récurrentes des voyageurs sur le manque de confort et la qualité des services, une nouvelle salle d’embarquement domestique de 1 350 m² est en construction depuis l’année dernière, et doit être ouverte aux passagers entre la fin de l’année ou le début de 2027. Entièrement climatisée, elle comprendra quatre salles de pré-embarquement pouvant accueillir jusqu’à 500 passagers, 350 places assises, une nouvelle offre de services, une troisième ligne de contrôles de sécurité pour accélérer le flux de passager, ainsi qu’un espace dédié à la biosécurité et aux douanes. Le projet représente un coût de 594 millions de francs pour le gestionnaire, un investissement validé et dont l’amortissement a été « garanti » par l’Etat, aux termes de discussions menées en 2024, comme le reste du programme de travaux structurants à 4 milliards de francs.
« Cette salle d’embarquement, on l’a tous connue. Elle était trop chaude, pas confortable, mal équipée… La nouvelle salle, elle est superbe. Elle est climatisée, elle est fraîche et efficace également puisqu’on va rajouter des postes de filtrage à l’entrée », félicite le chef de l’exécutif. Ces aménagements interviennent alors que le tourisme, après trois années records, a commencé à marquer le pas en ce début d’année. Les arrivées de visiteurs ont reculé de 5,6 % sur les quatre premiers mois de 2026 par rapport à la même période de 2025, avec une baisse particulièrement marquée de la clientèle américaine (-12,5 %). Pour autant, Moetai Brotherson se veut rassurant et estime que cette tendance reste conjoncturelle.
« Depuis 2023, on connaît une augmentation constante de notre tourisme. Même si cette année est un peu compliquée, on pense qu’il y aura encore une hausse de la fréquentation », ajoute le président. « Ce n’est pas cette salle qui va attirer davantage de touristes, mais je pense que les retours qu’ils feront en repartant seront meilleurs qu’avec l’ancienne », explique-t-il en précisant avoir été présent ce jeudi à l’assemblée générale de Tahiti Tourisme. « Nous avons analysé les raisons de cette baisse en début d’année, et les réservations pour le second semestre » laissent entrevoir un rattrapage, voire une nouvelle progression de la fréquentation, note le président.
Un trafic aérien toujours soutenu
Pas d’inquiétude non plus du côté du directeur général de l’aéroport Gwenvael Ronsin-Hardy qui a pris les rênes en octobre 2023. D’après lui, la fréquentation de la plateforme de Tahiti-Faa’a se « maintient à un niveau historiquement élevé avec près de 750.000 passagers réguliers » au premier semestre 2026. « On est dans les mêmes volumes que l’année dernière », malgré l’arrêt de la compagnie aérienne Delta Airlines en juin 2022 qui assurait des vols entre Los Angeles et Tahiti, les autres compagnies ont pu compenser. Mais c’est bien « une croissance du trafic domestique » qui tire les statistiques, plus qu’une hausse à l’international. De quoi donner tout son sens à la nouvelle salle d’embarquement pour les vols interîles.
« Les compagnies ont plus d’avions, Air Tahiti comme Air Moana. On aura une porte d’embarquement en plus : on pourra faire quatre vols en simultané, au lieu de trois actuellement », détaille le directeur général. L’aménagement de la salle d’embarquement va ainsi permettre « d’améliorer les temps d’attente pour les passagers et aussi le produit pour nos clients compagnies aériennes », explique Gwenvael Ronsin-Hardy.
D’autres projets doivent également voir le jour à l’aéroport d’ici la fin de l’année, tels que le réaménagement de l’aire de jeux pour enfants et la rénovation des sanitaires en salle d’embarquement internationale, de nouvelles offres au lounge Air Tahiti Nui et une « poursuite de l’amélioration du confort et des services en terminal », explique le directeur. L’objectif est de fluidifier les parcours de passagers notamment grâce à la mise en place d’une troisième ligne sûreté au terminal domestique et d’une quatrième au terminal international.
À partir du mois de septembre, côté tarmac, une deuxième voie de circulation entre les parkings avions et la piste sera mise en service. Ce « taxiway Quebec » représente un investissement de 1,4 milliard de francs et permettra aux avions de rejoindre la piste sans longer l’aire de stationnement des appareils inter-îles, libérant ainsi de l’espace pour agrandir cette dernière.