
À 20 ans, Manuarii Guilbeaud, un jeune artiste polynésien qui évolue seul depuis six ans dans l’Hexagone, vient de sortir « Our Cloud », son premier titre, sur la plateforme de streaming musical Spotify. Une musique et des paroles que ce passionné de danse classique a travaillé alors qu’il effectuait la dernière tournée de la comédie musicale Notre-Dame de Paris en Chine.
Né à Tahiti, Manuarii Guilbeaud a grandi entre Faa’a et Papeete avant de s’envoler pour la France à l’âge de 14 ans pour poursuivre son rêve : devenir danseur professionnel. Une ambition qui a pris forme grâce à sa belle-mère, directrice de l’école de danse Vanessa Roche à Faa’a. Après des débuts en hip-hop, il s’ouvre au jazz et au classique. « C’est la prof de classique de l’époque qui m’a poussé à faire de la danse en France. Elle disait que j’avais beaucoup de talent et je pouvais faire une grande carrière… du coup, j’ai suivi ses conseils et je suis parti en France pour faire mes études de danse », se souvient le jeune homme. En 2019, il quitte donc Tahiti pour la prestigieuse école de danse Rosella Hightower à Cannes. Sur place, il se découvre aussi une petite passion pour la chanson et la musique…
« Voyager grâce à ma passion »
Malgré un « cadre trop strict » qui l’a fait douter plusieurs fois, il persévère, encouragé par son père, et se forge de solides bases techniques en danse. Après trois ans d’apprentissage, il rejoint ensuite une école à Reims qui lui ouvre les portes d’une audition pour la célèbre Alvin Ailey American Dance Theater à New York… malgré les bons retours du jury, cette opportunité est finalement avortée – pour des raisons sur lesquelles il ne préfère pas s’étaler – , tout comme celle de l’Opéra de Paris. Sans formation et sans perspective immédiate, il se tourne temporairement vers la restauration pour subvenir à ses besoins avant de décrocher un contrat de danseur à Disneyland Paris.
Une « expérience incroyable » qui le conduit, de fil en aiguille, à une nouvelle opportunité: une audition pour la tournée chinoise de Notre-Dame de Paris. « Je ne me rendais pas compte avant d’avoir passé l’audition de ce que c’était ». « Mais quand je me suis enfin rendu compte de la notoriété de Notre-Dame de Paris, de la comédie musicale et de ce que ça représentait… J’avoue qu’au début, ça a été un peu stressant mais en même temps, j’étais très fier. Du coup, j’étais très content de pouvoir participer à un show comme ça, d’être danseur dessus, c’est juste incroyable. Et justement, de pouvoir voyager grâce à ma passion, ça, c’est cool. »
« On se sentait comme sur un nuage »
Au fil de cette tournée, Manuarii se lie d’amitié avec les chanteurs de la troupe, qui l’encouragent à se lancer dans la chanson. Quelques mois plus tard, il décide donc de sauter le pas en composant son premier morceau : Our Cloud. Un titre inspiré d’une relation amoureuse née justement pendant la tournée de Notre-Dame de Paris. « Rien que le titre, c’est une image en fait qu’on s’était donnée sur notre relation parce qu’elle nous soulageait vraiment tous les deux. Et on se sentait comme sur un nuage du coup… c’est ça qui m’a inspiré. Après, vraiment, je me suis inspiré des événements qui se sont passés, de ce qu’on a vécu ensemble, des choses qui m’ont marqué, des passages, des événements qui m’ont marqué en fait, dans notre rencontre et dans nos débuts. », raconte encore l’artiste.
Aujourd’hui, son titre est disponible sur la plateforme de streaming musical Spotify. « Pour l’instant, ça ne prend pas des masses, mais mon entourage, ma famille, les gens avec qui je bosse me font que de bons retours. Le fait de mettre mon morceau sur Spotify, à la base, c’était plus personnel, c’était pour mettre de la valeur sur quelque chose qui a de l’importance pour moi. L’objectif premier, ce n’était pas de réussir à percer ou de faire beaucoup de vues », explique le jeune homme, qui a sorti « Wrong Night » dix jours après son premier titre. Il parle déjà « de prochains morceaux » qui évoqueront « l’importance d’être qui on est, de croire en soi sans écouter les critiques ni se mettre des limites ». Un message qu’il dit vouloir transmettre aux plus jeunes… et le rappeler aux plus âgés.