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Marine Le Pen convoquée pour une possible mise en examen

Paris (AFP) – Marine Le Pen a été convoquée par les juges d’instruction, en vue d’une possible mise en examen, dans l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs d’assistants du FN au Parlement européen, a appris l’AFP vendredi de sources proches du dossier.

Elle a fait savoir qu’elle ne s’y rendrait pas, selon ces sources. 

Selon l’une des sources, la candidate du Front national à la présidentielle a affirmé dans un courrier envoyé aux juges qu’elle ne répondrait pas à cette convocation avant la fin de la campagne, une information confirmée par son avocat Rodolphe Bosselut.

Dans ce courrier, Marine Le Pen dénonce des violations du secret de l’enquête, une instrumentalisation de l’affaire et estime que les conditions de « légalité », de « sérénité » et de « confiance » ne sont pas réunies pour qu’elle soit entendue, a expliqué cette source proche du dossier.

Marine Le Pen est convoquée vendredi prochain, en vue d’une mise en examen pour abus de confiance, a précisé l’une des sources, ce qu’a aussi confirmé l’avocat. Si l’audition avait lieu, la présidente du parti d’extrême droite pourrait ressortir mise en examen, ou sous le statut plus favorable de témoin assisté.

La candidate à la présidentielle avait déjà refusé de se rendre à la convocation des policiers de l’Office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff) le 22 février, alors que deux de ses anciens assistants parlementaires, son garde du corps Thierry Légier et sa cheffe de cabinet, Catherine Griset, étaient placés en garde à vue le même jour.

Seule Catherine Griset avait finalement été mise en examen, pour recel d’abus de confiance. Elle est soupçonnée d’avoir été rémunérée comme assistante parlementaire au Parlement européen entre 2010 et 2016 alors qu’elle occupait en réalité des fonctions au sein du parti en France.

Dans cette enquête, les juges d’instruction tentent de savoir si le Front national a organisé un système pour rémunérer des cadres ou employés du parti en France avec des fonds publics de l’Union européenne, via ces contrats d’assistants au Parlement européen.

En mars 2015, le président du Parlement européen de l’époque, le socialiste allemand Martin Schulz, avait saisi le gendarme antifraude de l’Union européenne (Olaf) et le parquet de Paris, après les élections européennes remportées en France par le FN, qui avait envoyé 24 des siens à Strasbourg. En cause: la présence de 20 assistants parlementaires sur des postes figurant dans l’organigramme du parti en France, ce qui laissait supposer qu’ils étaient affectés à d’autres tâches que celles pour lesquelles ils étaient rémunérés.

Le parquet de Paris a mené une enquête préliminaire avant de confier le dossier aux juges d’instruction en décembre dernier.

© AFP/Archives JOEL SAGET
Marine Le Pen à Le Vaudoué, en France, le 3 mars 2017

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