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Médicaments : 110 milliards de francs sont brûlés tous les ans – Edito 30/03/2021

Il y a quelques années le célèbre ex-présentateur du journal de 13h de TF1, Jean-Pierre Pernaut, était aussi à la tête d’une émission fort intéressante qui rendait le traitement de l’information économique accessible au plus grand nombre. Il s’agissait de « Combien ça coûte ? ». A chaque diffusion il y avait notamment un moment fort attendu par le public qui était celui de la mise en lumière d’un exemple de gaspillage d’argent public. Et tel le compteur du Téléthon, celui-ci grossissait dans des proportions outrageantes semaine après semaine. C’est bien dommage qu’un programme installé à une heure de si grande écoute n’existe plus sous cette forme afin de faire honte à tous ces responsables d’exécutifs locaux, régionaux ou nationaux afin qu’ils y réfléchissent à deux fois avant de dépenser leurs budgets dans du grand n’importe quoi.

Heureusement, et même si c’est fait sur un autre ton, il nous reste par exemple « Capital », diffusée le dimanche soir sur M6 et actuellement incarnée à l’écran par Julien Courbet. Et ce qui y est parfois montré est susceptible de déclencher chez vous une colère noire qui pourrait aussi vous faire désespérer définitivement sur la nature humaine. C’est ainsi que dans son édition de cette fin de week-end on pouvait apprendre que c’est l’équivalent de 925 millions d’Euros de médicaments non périmés qui étaient brûlés tous les ans en France. Cela correspondant à plus de 110 milliards de francs pacifiques. Au nom d’un principe de précaution que l’on serait quelque part mal avisé de reprocher aux pharmaciens, ceux-ci se débarrassent de tous les articles dont la date de péremption devient inférieure à 3 mois. Ils partent du principe que n’étant pas totalement certains de la manière dont le patient va s’administrer son traitement, il faut prévoir une marge de manœuvre plus importante. Sauf que dans le même temps, lorsque l’on sait qu’à l’hôpital, après le personnel, le poste budgétaire qui pèse le plus lourd est celui de l’achat de médicaments, et que c’est justement le plus souvent sur la masse salariale que l’on fait des économies d’échelle, c’est rageant. D’autant plus lorsque cela finit par se payer quand des événements exceptionnels se produisent, comme la pandémie que nous vivons depuis un an.

Ce gaspillage devient donc d’autant plus scandaleux quand l’excuse de l’administration d’un traitement sans supervision directe ne tient plus la route. L’économie qui serait réalisée en mettant en place des filières de redistribution des médicaments aurait le potentiel de changer la donne. Et que dire de tous ces pays bien moins lotis que nous en termes d’efficience de leur système de santé publique qui assistent médusés à notre destruction de ce qui chez eux manque et sauverait de nombreuses vies. Il y a vraiment des choses qui dépassent l’entendement et que nous risquons un jour, pas si lointain que ça, de payer très cher si malgré tout ce qui nous tombe dessus nous restons incapables de rationaliser la fabrication, l’utilisation, la distribution et le recyclage de toutes nos ressources. Faute d’avoir su remettre en question un système, on en reparlera quand partout elles finiront par manquer.

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