EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Mélenchon : certains sont plus égaux que d’autres – Edito 18/10/2018

Vous avez vu les images de la perquisition du siège du parti La France Insoumise ? Quel spectacle pathétique. Jean-Luc Mélenchon fou de rage qui hurlait que la République c’était lui ça m’en a fait mal au ventre. J’ai alors instantanément repensé à mes études de droit et aux textes fondateurs de notre système politique que l’on doit à Rousseau, Clemenceau, Voltaire, Ferry, Montesquieu et j’en passe et des plus illustres, et j’ai eu honte. Se targuer de son statut de parlementaire pour bousculer des policiers et un procureur c’est l’antithèse de ce qu’implique sa fonction.

Parce qu’il a une grande gueule et parce qu’il est un insoumis il faudrait qu’il ait un traitement de faveur ? Il crie au complot mais est-il crédible lorsqu’il y fait face en perdant ses moyens et en salissant les principes et les valeurs fondatrices de notre Etat de droit ? Pour moi c’était le show de trop, le buzz de trop car il n’y a pas un seul spécialiste de la loi qui ne confirme pas que les forces de l’ordre et la justice ont en effet bel et bien agi dans le respect le plus strict de la procédure.

Ces perquisitions sont au contraire la démonstration rassurante que nul dans notre Pays n’est au dessus des lois et que lorsque des soupçons fondés le méritent, les moyens de la justice sont mis en branle pour faire toute la lumière. Il n’y a aucun acharnement, l’actualité nous prouve que tout le monde y a droit.

Certains devraient donc être au-dessus des lois parce qu’ils crient plus forts que les autres ou parce qu’ils se sont auto-investis d’une mission sacrée ? Jean-Luc Mélenchon a quand même bien caché son jeu, ou alors c’est qu’entre temps il a mal tourné. Ce Monsieur était candidat à la Présidence de la République, la plus haute fonction prévue par notre constitution. Son discours à l’époque ne manquait pas d’un certain talent, d’un panache, au point qu’il a su fédérer au delà de l’extrême gauche. Mais là, vous vous rendez compte de ce qu’on a évité ?

Perdre de cette manière tout sens commun lorsque la contrariété est trop forte : si le type était devenu Président, il aurait fallu que l’aide de camp avec les codes de lancement nucléaire reste loin, très loin … Je suis sûr qu’on n’aurait pas été à l’abri que dans un coup de speed il mette une patate à Trump en plein sommet du G8 ou qu’il tire les cheveux de Theresa May en plein interview télé parce qu’il la trouverait bien trop sotte dans sa gestion du Brexit.

Que sa majesté Mélenchon le réalise, il va apprendre dans les jours à venir à quel point les lois votées par et pour le Peuple s’appliquent aussi à lui, et il ne pourra, de gré ou de force, quelle que soit la quantité de postillons éructée, que s’y soumettre.

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2 Commentaires

  1. Microstring
    23 octobre 2018 à 6h51 — Répondre

    Il est bien parfois qu’un citoyen conteste le bien fondé de la Justice. Voir débarquer une douzaine de gendarmes en trnue de combat, avec gilet pare-balles et mitraillettes au poing pour une affaire de gros sous peut effectivement mettre en colère.
    Alexandre, je ne conteste pas la Justice et ses procédures, mais reconnait qu’on peut parfois la remettre en cause.. Avec la collaboration des médias, elle sort parfois de son rôle de justicier pour nous imposer une morale vertueuse, qui elle aussi peut-être contestée. Vois avec l’homosexualité qui était autrefois réprimée par la Loi et plus récemment le mariage pour tous. Sans la contestation populaire, on en serait encore à l’âge des cavernes…

  2. simone grand
    24 octobre 2018 à 7h09 — Répondre

    Suis d’accord avec toi Alexandre pour ton indignation et trouve microstring à côté de la plaque dans ses arguments pour défendre l’indéfendable.
    Un député est un serviteur de la République et du peuple et non un reliquat de l’Ancien Régime féodal.

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Mélenchon : certains sont plus égaux que d’autres – Edito 18/10/2018