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Mister engagé : pour que la discrimination ne passe pas par moi – Edito 02/04/2019

Donc il y a ce jeune qui s’est senti poussé des ailes et qui courageusement a décidé de se présenter à une élection de Mister de son lycée. Il n’a pas été brave juste pour le fait d’oser se mettre en avant en tant que simple candidat, il avait un message. Du haut de ses 18 piges à peine il assume déjà qui il est et ce qu’il préfère. Il a la voix qui chante et des allures de diva qu’il ne retient pas, et bien soit, c’est sa grâce à lui, il fait avec et il a eu envie de dire tout haut qu’il a le droit d’exister et de faire comme les autres, se montrer. Sauf que lui il n’a pas juste étalé de la viande sur un podium et débité des discours convenus du genre je veux la paix dans le monde. Son message a lui était bien plus gonflé dans le monde de brutes épaisses écervelées dans lequel nous vivons. Oui vous savez ce monde où on peut de moins en moins se blairer les uns les autres, celui où le 1er avril a perdu de sa superbe tant nous sommes abreuvés de Fake News les 364 autres jours de l’année. Lui il a voulu a sa manière, parfois un peu maladroite ou naïve mais ô combien sincère oser prôner la tolérance et le respect de nos différences. Résultat des courses il sort gagnant de son concours.

Et patatra, c’était sans compter sur les fameux bolos qui pensent encore que l’homosexualité c’est une maladie qui peut s’attraper, que remporter une élection de Mister dans un simple lycée devrait être réservé à ceux qui incarnent la quintessence de l’ado macho bourré d’hormones. Il y a en a que ça agace, que ça dérange. Et tu sais quoi garçon ? Tu t’en fou. Parce que ton pari tu l’as gagné, t’en as eu une paire 10 fois plus grosse que n’importe qui en te lançant dans cette aventure et ton message il est passé, et il continue de passer encore. Car tous ces esprits chagrins ils ne font que confirmer une seule chose, en effet le travail pour que l’autre soit accepté dans ses différences est de longue haleine, mais il relève surtout que ce n’est pas toi ou tous ceux au nom de qui tu parles qui ont un problème, mais bien eux.

Il y a un humoriste génial qui a une chronique le dimanche sur Canal + il s’appelle Roman Frayssinet, et il y a quelques semaines il m’a fait mourir de rire en m’enlevant les mots de la bouche. Pour lui ce qui est grave ce n’est pas d’avoir un fils homo, mais d’avoir un fils homophobe. Il a trop raison. En quoi ça peut offusquer qui que soit de ce que fait autrui de sa vie ? Comment et pourquoi cela en devient un problème ? Il faut être pétri de frustrations, avoir une sexualité totalement refoulée, ou un grave complexe de micro-pénis pour se soucier à ce point de « avec qui machin ou machine partage son lit »  et que ça conduise à prendre une posture haineuse.

Et tu sais quoi mon grand ? On va y aller au culot. Je t’offre ta place à l’élection de Mister Tahiti si tu en as envie, d’office. C’est cadeau. Pourquoi ? Parce que je le peux et que je veux croire qu’on vit encore dans un monde où quelqu’un qui est l’expression du bon sens et de la bienveillance peut s’illustrer auprès du plus grand nombre et moi ma mission c’est de te permettre de le faire. Et ceux qui ne sont pas contents ils devront composer avec, et avec un peu de chance, tu sais quoi, on va les attendrir.  Démagogie ? Non pédagogie.

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