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Violence en hausse mais délinquance en baisse à Moorea

Deux faits divers ont particulièrement choqué la population polynésienne et surtout celle de Moorea. En réaction, Vahine Orama Moorea organisait ce samedi une marche blanche « pour dire stop à la violence ». Le haut-commissaire a envoyé les statistiques de la délinquance montrant une hausse sur le long terme mais écartant une « explosion des faits ».

Une marche blanche « pour dire stop à la violence » était organisée par l’association de défense des intérêts de la femme, Vahine Orama, samedi. L’occasion pour le haut-commissariat de donner des chiffres sur la délinquance. Dans un communiqué, le représentant de l’État explique que ces statistiques « excluent toute affirmation d’explosion des faits de délinquance en Polynésie française ». Mais leur analyse met également en lumière une tendance sur le long terme à la hausse des violences. Deux faits divers ont particulièrement secoué les habitants de Moorea : le premier survenu le 18 décembre où un adolescent de 13 ans est mort sous les coups de ses agresseurs et le deuxième survenu le 14 janvier où une femme a été cambriolée et violée avant que son agresseur mette le feu à sa maison. Les deux auteurs de ces faits ont rapidement été interpellé, rappelle le haut-commissariat. Ces deux faits divers ont choqué la population, ce qui a conduit Vahine Orama a organisé une marche blanche.

Les statistiques concernant l’île de Moorea permettent de voir que les atteintes aux biens ont augmenté depuis 2012 mais baissé entre 2015 et 2016. Même chose pour les cambriolages : on en comptait 136 en 2015 et 104 en 2016 (mais 51 en 2012). Les vols de véhicules restent stables, baissant légèrement entre 2015 et 2016. Les « atteintes volontaires à l’intégrité physique », soit les violences, sont en augmentation passant de 127 en 2012 à 165 en 2016. Les « violences physiques crapuleuses » soit des violences avec vols sont en moyenne de trois par an sur les cinq dernières années (2 en 2012, 7 en 2015, 4 en 2016). Les « violences physiques non crapuleuses » augmentent passant de 88 en 2012 à 128 en 2016. Les violences sexuelles augmentent également entre 2012 (10) et 2016 (14) mais baissent comparées à 2015 (16). Les escroqueries sont en baisse constante depuis 2012, passant de 55 en 2012 à 27 en 2016. Quant aux infractions sur les stupéfiants, elles baissent, passant de 68 en 2012 à 58 en 2016, après une forte hausse dans les années intermédiaires. Une autre augmentation : celle des mineurs mis en cause. Ils étaient 41 en 2012 et 93 en 2016. Ces chiffres correspondent à l’évolution en Polynésie française de manière globale.

René Bidal explique avoir renforcé la brigade de cinq gendarmes mobiles et sept gendarmes réservistes. Il a également demandé au colonel commandant la gendarmerie de Polynésie française de mettre en œuvre des opérations spécifiques anti-délinquance renforçant la lutte contre le trafic de stupéfiants. Et une convention est en préparation entre la gendarmerie et la protection judiciaire de la jeunesse pour prévenir la délinquance juvénile. Il demande à ce que la commune de Moorea s’engage dans des actions préventives, conformément aux orientations du Conseil de prévention de la délinquance en Polynésie. « Je tiens toutefois à rappeler que la Polynésie française reste un territoire où la délinquance est contenue et où les services de police et de gendarmerie obtiennent de très bons résultats avec, à la clef, de nombreuses élucidations », insiste René Bidal dans le communiqué de presse.

 

Statistique -Suivi Annuel 2012 à 2016 – Moorea by Fred Ali on Scribd

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