EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Moretto, maintenant t’as tout le temps d’avoir « piscine » là-haut, ça me saoule :( – Edito 01/04/2019

C’est très dur de perdre un camarade. On n’y est jamais vraiment préparé même quand on le croit. Mais c’est parce que Laurent Moretto était l’incarnation de la célèbre expression « The Show Must Go On » que toute l’équipe de Radio 1 ne doit pas tomber dans le pathos qu’il détestait tant. On a mal, très mal, on a une espèce de boule au ventre qui nous donnerait normalement envie de rester prostré dans notre coin à chialer, mais on ne le fait pas par respect pour le bonhomme. Il n’aurait pas aimé.

Il vous a accompagné pendant des années tous les matins sur l’antenne de Radio 1. Quelles que furent ses joies, ses peines il vous mettait toujours au premier rang de ses préoccupations, c’était vous d’abord. Vous divertir l’emportait sur tout le reste qu’il gardait tout au fond de lui. Discret il ne s’étendait pas ou peu sur ce qui pouvait clocher. Nous on avait beau remarquer qu’il se passait un truc avec son état de santé depuis plusieurs mois, il faisait exprès de cloisonner, c’était « son » problème et il n’avait pas envie d’en parler. Soit. On prendra sur nous le fait qu’on aurait peut-être dû insister pour savoir, si seulement on avait pu aider. Mais les « si » ça rend fou, ça fait mal ça aussi, il vaut mieux se dire que c’est le destin et qu’on n’aurait rien pu y changer, sinon on va morfler.

J’ai mis des années à découvrir ce monde du silence dont il me parlait quasi quotidiennement. Il m’a eu à l’usure le Moretto, mais quand j’ai fait plouf, j’ai compris. Il était tellement et profondément « anti cons » qu’en effet, à 30m au fond du lagon il avait nettement moins de chances d’en croiser. Les poissons, les baleines, les tortues, c’étaient les seuls êtres vivants qui trouvaient grâce à ses yeux car ils incarnaient l’innocence et la pureté dans un monde où à la surface l’homme faisait n’importe quoi. Les années passant il notait les changements au fur et à mesure de ses plongées, les agissements de ses congénères finissaient par se faire ressentir de plus en plus au fond des mers. Il était inquiet et en colère, la fragilité s’installait dans son refuge.

Combien de fois je l’ai entendu sur notre antenne pester contre tous ces « abrutis » comme il disait. Ces personnes qui se reniaient en tant qu’humains en mettant en péril la vie sauvage de nos terres et de nos mers. Toi l’amoureux des profondeurs, ça doit t’agacer d’être maintenant tellement haut dans le ciel.  Patience, je suis persuadé que ton âme aura le droit de voyager pour continuer, d’une autre manière, à nous faire réaliser que ce qui est beau doit être respecté et préservé. Comme le souvenir que nous garderons de toi.

Mais d’ici là Moretto, permets moi d’utiliser ton expression fétiche : « hop hop hop », file faire un petit tour au Paradis. On t’aime l’ami.

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1 Commentaire

  1. Houpline Do
    26 mai 2019 à 20h03 — Répondre

    Nous avons très bien connu Laurent … 8 ans c’est impensable qu’un bonhomme ce cette trempe puisse être … parti … il anime certainement une émission là haut , moteur ou autre .

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Moretto, maintenant t’as tout le temps d’avoir « piscine » là-haut, ça me saoule :( – Edito 01/04/2019