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Municipales : les entrepreneures polynésiennes demandent les « moyens d’agir » aux candidats

La Présidente Jeanne Lecourt et des membres de l’association.

À deux mois des élections municipales, le collectif Vahine Arata’i no Porinetia veut sensibiliser les futurs élus aux freins à l’entrepreneuriat et à l’innovation locale au féminin. Dans un « plaidoyer » qui rappelle l’importance des femmes dans le tissu économique, la présidente de l’association Jeanne Lecourt explique que les mairies ont les moyens d’agir. Et liste ses recommandations sur le besoin de formation, l’accès à l’information et au foncier ou encore sur l’intégration des TPE dans les marchés publics.

Le Sefi dénombre environ 36 000 entreprises en Polynésie Française dont moins de 7 000 ont des salariés. Parmi celles qui n’embauchent pas, beaucoup sont des TPE, souvent « invisibles » selon Jeanne Lecourt, et portées par des femmes qui n’ont pas d’employés. Des femmes qui peuvent donc être les créatrices d’emploi de demain, dans leurs îles et dans leurs archipels. Prenant également en compte que 75 % des familles monoparentales sont à la charge des femmes, la patente devient la solution pour beaucoup d’assurer la vie familiale et un revenu. Une solution donc, dans laquelle les mairies ont un rôle à jouer pour aider les femmes à alléger ces charges.

« Elles ont besoin d’aide pour pouvoir oser et dire : ‘non c’est pas si compliqué’, pointe la présidente. Je n’oublierai jamais cette phrase du cœur d’une association féminine de Tubuai : ‘nous ne demandons pas l’assistanat, nous demandons les moyens d’agir’. Et les acteurs qui peuvent donner les moyens d’agir aux femmes qui veulent entreprendre ce sont les communes. » L’association s’est donc déjà rendue à la rencontre de candidats, pour leur présenter, via un cahier de doléances, des pistes de travail.

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« On a rédigé un plaidoyer pour que les futurs candidats aux communes comprennent aujourd’hui toute l’importance dans le tissu économique et social de l’entrepreneuriat féminin. Vous savez quand une femme ose et développe son activité économique, il y a des conséquences sociologiques. Elles deviennent des phares et au niveau sociologique et familial c’est hyper important, ce n’est pas qu’au niveau économique l’entrepreneuriat féminin, il a des conséquences dans tout le tissu de la société. » 

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Formation, marchés publics, locaux municipaux…

Parmi les besoins, défis et attentes qui influencent directement la capacité des femmes entrepreneurs à contribuer au dynamisme économique local, on retrouve l’accès à la formation, notamment pour permettre aux entrepreneures de s’exporter, et d’agrandir leur marché potentiel au-delà de la Polynésie Française. « Je dois dire que la première demande, de tous les échanges qu’on a eus auprès des entrepreneurs féminines, c’est la formation. Elles ont besoin de formation, aujourd’hui en premier au numérique. Elles ont besoin de formation au numérique, à la gestion d’entreprise et au marketing« .

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D’autres sujets majeurs ont été identifiés, dont l’intégration des entreprises féminines dans les marchés publics : « ne pas faire de très gros lots auxquels seulement une grosse entreprise peut répondre, mais peut-être de diviser par petits lots pour que certaines TPE, surtout dans les archipels et dans les îles, puissent répondre et se positionner » mais aussi le développement de solutions concrètes pour la conciliation travail – famille : « c’est le plus important, une femme qui est épanouie dans sa famille est créatrice ».

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À ces grands axes s’ajoutent d’autres thématiques, telles que la facilitation de l’accès aux locaux professionnels municipaux, la création d’un guichet unique municipal dédié aux entrepreneures, ou encore l’amélioration de la mobilité et de la sécurité autour des zones commerciales, et enfin une proposition de prestations de suivi des activités pour limiter le sentiment d’isolement des entrepreneures, encore plus exacerbé dans les archipels.

Le rôle des communes d’autant plus prépondérant en dehors de Tahiti 

Dans leur rôle sur le territoire et auprès de leurs habitants, les communes peuvent accompagner les entrepreneures de façon concrète, en se rapprochant de leurs réalités. « Il y a une vraie inégalité territoriale entre Tahiti et les îles, les services administratifs et les aides résident à Tahiti. C’est là pour nous que les mairies, les communes ont tout leur rôle à jouer dans les archipels. S’il était possible qu’elles soient des médiatrices, là c’est important pour les femmes . »

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Chaque archipel a ses propres spécificités : « Quels sont les attentes des femmes sur l’archipel des Marquises ? Ce ne sont pas les mêmes que celles des femmes des Australes, des Tuamotu, elles ne vivent pas les mêmes contraintes ou les mêmes réalités. » Et c‘est avec ces réalités en tête, qui s’appuient tant sur des études de l’ISPF et de la CCISM que sur les échanges avec les entrepreneures que Vahine Arata’i no Porinetia va à la rencontre des candidats.

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À ce jour, l’association a pu rencontrer quelques candidats, et a été agréablement surprise par la qualité d’écoute sincère et l’humilité de ces derniers, très majoritairement masculins, sur le sujet. Dans certains cas, l’association s’est vue proposer d’être recontactée avant publication du programme afin de voir si les idées et actions proposées sont conformes aux attentes initiales. Une évolution encourageante pour leur démarche active.

Maia Galot