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Ne pas mettre tous les « Tinito » dans le même panier – Edito 05/12/2019

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1 milliard 300 millions de chinois et moi et moi et moi.

Je fais partie comme vous chers compatriotes d’une population estimée au Fenua selon le dernier recensement à 277 000 âmes. Ce n’est même pas 10% des habitants d’un seul district de Beijing, la capitale chinoise. Oui c’est flippant, j’avoue, et ça met bien les choses en perspective.

Les manifestes velléités hégémoniques de la Chine s’illustrent de plus en plus et dans tous les domaines, dans le monde entier. D’abord perçus comme les potentiels sauveurs de l’économie polynésienne au sortir de la dernière grande crise, les années passants et à l’aune de démonstrations de leurs méthodes faites ailleurs, la méfiance s’est installée sous nos latitudes. Elle se transforme même en défiance.

Les polynésiens savent heureusement encore faire la différence entre « nos » chinois, et « ces » chinois. Car si par malheur tout le monde était mis dans le même panier ce serait contribuer en effet à compromettre les fondamentaux de la cohésion de notre peuple dans ce qu’il a de plus riche : sa diversité.

Toutefois, et notamment pour les dernières générations de polynésiens issus de l’historique immigration chinoise, il y a un malaise latent vraiment palpable au fil des échanges que l’on peut avoir avec certains de ses représentants. A évoluer au sein d’une société qui voit dorénavant globalement les chinois de Chine comme des spoliateurs pollueurs, il y a une certaine forme de gêne, voire de honte, de porter sur son visage l’atavisme asiatique le plus caractéristique : celui d’avoir les yeux bridés.

Alors contribuons à leur ôter ce ressenti qui n’a pas lieu d’être. Car même en Chine en fait tous les chinois ne se valent pas. La jeunesse hongkongaise éprise de liberté fera immanquablement des émules dans un pays où le Président s’est constitutionnellement taillé au vu et au su de la nigaude communauté internationale le costume du monarque absolu et potentiellement éternel, d’un pays qui malgré les apparences de libéralisme économique qu’il donne reste un état totalitaire. Faut pas l’oublier ça. Les citoyens seront de plus en plus fliqués maintenant que la technologie le permet et que la délation a été encouragée et est récompensée par les autorités. Et ces médias modernes auxquels des collègues locaux font référence cette semaine après qu’un déplacement officiel ait été organisé à Pékin : c’est une blague. Comme si en dehors des hordes de censeurs qui fouillent déjà les comptes emails personnels des administrés à la recherche de messages contraires à la doctrine officielle, il n’existait pas le pendant pour veiller à ce que la presse soit effectivement muselée … Gênance.

C’est par l’entraide entre toutes les composantes de notre société que l’on a le pouvoir de faire pression sur ceux qui nous gouvernent ici, afin qu’ils ne pactisent pas avec la Chine à n’importe quel prix. Épargnons-nous de tout ce qui peut nous faire rire, jaune.

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