EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Ne touchez pas aux classiques ! – Edito 10/02/2020

L’ultra mondialisation malgré le lissage qu’elle exerce sur les cultures à travers le monde a néanmoins quelque part une petite vertu, celle de poser des balises connues pour vous rassurer. Et puis en plus on prend des habitudes. Par exemple quand vous êtes depuis plusieurs jours à l’étranger, que la cuisine locale est bien sympa mais qu’à un moment donné c’est aussi très bien de faire un break pour croquer dans quelque chose que vous connaissez, ça peut aider.

En séjour à l’étranger, si vous êtes peu coutumiers d’un régime exclusivement composé de Ramen/Sushis/trucs bizarres à tous les repas, vous pourriez vivre telle une délivrance de pouvoir trouver un KFC entre deux bouis-bouis locaux. Salvateur que le fait de croquer dans un pilon de poulet pané dont le goût est connu à l’avance car il est le même qu’à Paris, Los Angeles ou Rio. Oui, partout il contribuera de la même façon à vous façonner un gros derrière …

J’aurais pu rajouter la Polynésie, mais manque de pot pour tous les inconditionnels de la recette secrète du Colonel Sanders, la franchise a fait faillite localement à la fin des années 90. D’ailleurs le Mac Donald’s  de Punaauia est précisément situé dans les murs réaménagés de Feu KFC tahiti. Lancée sans doute trop tôt au Fenua, la franchise pourtant extrêmement populaire auprès des polynésiens qui ont la chance de voyager, s’est quasiment construite avec le temps un statut de légende localement.

Jusqu’à preuve du contraire aucun patron de Fast Food ne met un pistolet sur la tempe de personne pour forcer à consommer. La soul food et la junk food ont dans ce type d’établissement une frontière assez ténue certes mais chacun a le droit de trouver de la satisfaction là où il le souhaite tant qu’il n’en abuse pas et ne flingue pas sa santé.

Mais donc lorsque l’on attente au caractère immuable des classiques, qu’on prend le risque de frustrer la fameuse satisfaction à laquelle on se raccroche quand ça arrange : le sacré est maltraité. On s’était résolus à tirer un trait temporairement sur les œufs dans le Mc Morning pour ne pas risquer de choper la salmonelle, mais là les années passent et ça commence à faire long. Et maintenant il faudrait tirer un trait sur les fameuses cacahuètes concassées à saupoudrer au sommet de notre Sundae ? Trop c’est trop, sacrilège. Certes peu de risques que certains en viennent à rejouer à cause de ça Michael Douglas dans l’excellent « Chute libre » sorti en 1993, mais que l’exception justifiée par un trop plein de prudence au bénéfice des allergiques à l’arachide s’instaure en norme pour tout le monde, non, ça ne passera pas. Nous avons fait notre deuil du poulet frit du Kentucky à Tahiti, ça a été très dur, alors de grâce n’enfoncez pas le clou et rendez-nous au moins nos cacahuètes, la paix sociale tient à vraiment pas grand-chose. Lol.

Article précedent

Teiva Manutahi s’explique sur la future "Délégation pour la promotion de la jeunesse et pour la prévention de la délinquance"

Article suivant

Taika Waititi, premier Maori à remporter un Oscar

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

Ne touchez pas aux classiques ! – Edito 10/02/2020