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Nicole Sanquer non-inscrite à l’APF : « On ne peut pas continuer tout le mandat comme ça »

CP/Radio1

Nicole Sanquer a annoncé vendredi dernier qu’elle quittait le groupe Tapura à l’assemblée de la Polynésie, où elle siégera désormais comme non-inscrite. La conséquence d’un malaise qui ne date pas d’hier,  dit-elle, et qu’elle explique ici par les questions que lui posent le manque de communication avec le gouvernement et la discipline de vote, au Palais Bourbon comme à Tarahoi. Elle parle aussi de sa candidature à Mahina, sur une liste qu’elle constitue avec des transfuges d’autres partis.

C’est jeudi dernier que Nicole Sanquer a rencontré Édouard Fritch pour lui faire part de son intention de prendre ses distances. « Je lui ai dit qu’on savait que depuis quelque temps ça ne va pas, il n’y a plus de communication, et pour moi c’est un malaise lourd à porter et j’ai décidé de sortir de la majorité à l’assemblée de la Polynésie française. »

Une mise à l’écart qui remonte selon elle à avril dernier, lorsque les parlementaires Tapura avaient adressé une lettre au président du Pays pour lui dire qu’ils ne participeraient pas à la campagne des Européennes que le Tapura avait mise à profit pour se rapprocher d’En Marche. « « Je pense qu’il y a eu une incompréhension sur cette lettre, dit Nicole Sanquer, parce que nous n’étions pas opposés au président du parti, à sa personne. Nous exprimions juste le fait que nous n’allions pas participer à la campagne, étant donné que nous siégions à l’Assemblée nationale sur les bancs de l’UDI. En fait la consigne du président a été de rejoindre la majorité, pas de rejoindre le parti En Marche, mais de rejoindre la majorité. Et moi j’estime que c’est chose faite, puisque depuis le 1er octobre, l’UDI est un groupe minoritaire de la majorité. En tout cas à chaque fois qu’on a du voter quelque chose, Jean-Christophe Lagarde a toujours respecté les consignes de vote qui nous étaient données par le gouvernement local. » Alors qu’il n’y a pas de liberté de vote au sein du groupe En Marche.

Manque de communication avec le gouvernement

 Mais deux sujets semblent avoir décidé Nicole Sanquer à couper le cordon. D’abord l’épisode de l’examen du budget Outre-mer 2020 à l’Assemblée nationale. « Là où ça a été visible, cette mise à l’écart, ça a été l’examen du budget, où Maina (Sage, ndlr) et moi sommes intervenues sur le centre de mémoire (…), et l’annulation de la ligne du RSPF (le soutien de l’État au régime de solidarité), et en fait les réponses de la ministre ont été claires, c’était deux décisions prises par le gouvernement central avec l’accord du gouvernement local. Nuihau Laurey a écrit une lettre au président, pour connaître la position du gouvernement sur la suppression de la ligne du RSPF, et la réponse n’ était pas claire. La réponse n’était pas claire, et c’est la ministre qui nous a informés. »

« On ne peut pas continuer tout le mandat comme ça »

Ensuite, la représentante à l’assemblée de la Polynésie française a renâclé sur plusieurs textes présentés par le gouvernement à Tarahoi, « que j’ai votés, mais je restais sceptique sur la portée de ces textes et surtout sur leur mise en application. Le dernier en date était celui du soutien à la presse dans les îles. » Elle cite aussi les textes sur le bingo, le code minier, ou encore sur l’emploi local, qu’elle qualifie « d’usine à gaz ».

Et elle regrette de ne pas voir avancer, dit-elle, des sujets qui étaient au cœur du programme du Tapura. « En fin de compte c’est presque un signal d’alarme, on ne peut pas continuer tout le mandat comme ça. Nous avons la chance aujourd’hui de ne plus avoir de problèmes financiers, tout le monde le dit, les caisses sont bien remplies. c’est surtout qu’avec tout cet argent, il faut innover». Elle évoque la politique sociale, les grands projets, ou encore la politique agricole. Et la réforme de l’administration, liée à tous les autres sujets : « Il y a des lenteurs administratives qui bloquent le système. » Mais, assure-t-elle, son retrait du groupe ne signifie pas qu’elle ne votera pas le budget du Pays mardi, « ça signifie que j’aurai beaucoup de questions ». Qu’elle n’aura sans doute pas le temps de poser toutes, vu le temps imparti aux non-inscrits.

Nicole Sanquer laisse donc l’initiative d’une exclusion au Tapura. Elle est encore la présidente en titre de la fédération Tapura de Mahina. Cela pourrait changer le 11 décembre, à l’occasion du conseil politique du Tapura. « Avec ma démarche actuelle, le président, suivant les statuts, peut aujourd’hui me sanctionner et m’exclure du parti.»

Les municipales à Mahina en cavalier seul 

Nicole Sanquer présentera sa liste, Tamarii Mahina A Tu, et son programme communal le 18 janvier prochain.  Ses membres ont voté en faveur de son retrait du groupe Tapura la semaine dernière, dit-elle. « Depuis le début je l’avais annoncé, je ne demanderai pas l’investiture du Tapura parce qu’à l’intérieur de mon équipe il y a des personnes qui ne sont pas Tapura. Certains viennent du Tahoeraa, d’autres viennent du Tavini, certains sont apolitiques et certains viennent de chez Émile Vernaudon. Après, il est clair que c’est un éclaircissement pour les électeurs de Mahina sur mon positionnement par rapport à la majorité en place, par rapport à l’exécution du programme que nous avons prôné lors des élections territoriales ». Nicole Sanquer dit avoir rejeté les avances du Tahoeraa.  

Aujourd’hui il y a donc 4 candidats déclarés à Mahina, Patrice Jamet, Damas Teuira, Natacha Taurua et Nicole Sanquer.

 

 

 

 

 

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2 Commentaires

  1. MATA
    9 décembre 2019 à 8h07 — Répondre

    Et voilà encore ces mécontents d’un des partis politique de la place. Prêt à manger dans la gamelle quand il faut mais tout aussi prêt à sortir la tête pour clamer au et fort leurs indignations sur fonds de valeurs humaines et citoyennes. Faut arrêter vos connerie meama. Les temps ont changé, les électeurs évoluent et le système n’est pas exponentiel.

  2. Manutai
    9 décembre 2019 à 9h14 — Répondre

    Quand elle a quitté le ministere education et sport tout le monde à dit ouffff.
    Là au tapura il y en à qui commence à dire oufff.
    Allez courage quittes député et conseiller et enfin on pourra tous dire ouffffffff.

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