EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

« Noir c’est noir » – Edito 24/09/2020

Dernièrement je vous parlais du fait qu’il était important de connaître l’histoire a minima pour en tirer des vraies leçons et ne pas renouveler, tant que faire se peut, certaines erreurs qui entrainent l’humanité dans une sorte d’éternelle spirale de la loose. Toutefois, avoir connaissance et conscience du passé pour s’éduquer et grandir en tant qu’espèce ne doit pas pour autant conduire à porter le poids de l’héritage de ses ancêtres, de nourrir une honte qui en devient absurde tant elle se matérialise à notre époque contemporaine par une sorte de bien-pensance qui en devient malaisante et a au final tous les airs d’une régression.

Il y a de quoi tomber des nues quand on apprend que 44 ans après le décès de la célèbre romancière Agatha Christie il a été décidé de changer le titre de son roman policier écrit en 1940 qui de « Dix petits nègres » vient de devenir « Ils étaient dix ». Comble de l’illogisme, si la nouvelle appellation trônera bien en sommet de couverture, plus bas et presque écrit aussi gros on peut lire « anciennement connu sous le nom de … » avec mention du titre original. Ça valait bien le coup de se brainstormer en comité de lecture et de créer un précédent inquiétant.

Le politiquement correct a trouvé ici une illustration catastrophique débouchant sur la dénaturation d’une œuvre qui, à moins que l’on soit totalement abruti à en manger du foin, est évidemment à replacer dans le contexte d’une époque. Cela a moins trait à une gifle donnée à la culture mais ça prouve que le mouvement prend de l’ampleur, hier la multinationale de l’alimentation Mars qui commercialise le riz « Uncle Ben’s » annonçait que la marque changeait de nom pour devenir « Ben’s Original » avec l’abandon du macaron qui représentait un élégant homme noir. Oui, j’ai bien dit « noir », vais-je à mon tour subir la fatwa de ceux qui voient des clichés racistes partout ? Doit-on « blancoter » ce mot du dictionnaire ? C’est ridicule.

Ce mouvement est en train de faire des petits partout, comme dernièrement sur la nouvelle plateforme vidéo de Disney qui a censuré certaines de ses œuvres les plus anciennes et pour d’autres s’est sentie l’obligation d’apposer des pavés sur l’écran indiquant que le programme qui allait être visionné était présenté tel qu’il avait été créée et pourrait contenir des représentations culturelles datées.

Et bien voyez-vous moi je suis de ceux qui estiment que tout ça c’est de l’insulte à l’intelligence, que c’est une perte de temps et d’énergie, et pire même que cela défocalise l’attention sur les véritables élans racistes bien plus dangereux parasités par des faux débats. Alors j’en profite tant que je peux car à termes cela risque de faire des émules : il y a de quoi voir rouge et rire jaune.

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Journal de 7:30, le 24/09/2020

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