EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Non il n’y a pas 42% de fous en Polynésie – Edito 06/11/2017

La semaine dernière on apprenait que selon une enquête menée sous l’égide de l’OMS il s’avérait que 42% de la population polynésienne avait déjà présenté ou présente encore des troubles mentaux. L’info n’a évidemment pas tardé à mettre le feu aux poudres sur les différents relais d’opinion. Le premier réflexe de certains a évidemment été de soupçonner que le panel des personnes sondées n’était pas réellement représentatif. On comprend bien que la honte face à un constat qui peut s’avérer sévère l’emporte, et que toutes les excuses deviennent bonnes pour tenter de minimiser une vérité gênante.

Toutefois qu’est ce qui ressort exactement de ce constat ? Que quasiment la moitié de la population de nos îles est folle ? Bien sûr que non, c’est pourtant dans ce raccourci que bon nombre de personnes se sont engouffrées. Il faut cependant prendre un peu de hauteur. A partir du moment où vous vous étiez déjà senti déprimé et que vous étiez interrogé par les enquêteurs vous rentriez donc dans le quota qui a permis de faire gonfler le chiffre. Car oui la dépression, même passagère, est en effet un trouble mental. Mais d’autres manifestations de défaillances psychiques qui pourraient nous paraître « pas bien méchantes » sont en fait aussi susceptibles de le grossir. Ainsi si lorsque vous étiez ado vous appréciiez de rester seul dans votre coin, on appelle ça un comportement antisocial, c’est un trouble mental, comme l’est aussi la claustrophobie qui peut submerger certains dès qu’ils sont bloqués dans un espace trop exigu comme un ascenseur ; ou encore, et je vous le donne en mille, l’éjaculation précoce.

Plus sérieusement il y néanmoins un constat qu’on ne peut que dresser à la lecture des résultats de l’étude : les cas de dépression sévère qui mènent à l’acte suicidaire sont bien trop nombreux. L’image d’Epinal qui voudrait que sous le soleil la vie soit plus belle en prend un sacré coup. A force de banaliser les symptômes en se disant que ça passera, ceux qui les ressentent n’osent pas consulter au moins leur médecin généraliste. Mais outre la démarche personnelle de consulter qui se doit d’être entreprise, il y a aussi le rapport que nous avons aux autres à repenser. Combien de parents, de conjoints, d’amis, ont été choqués de constater le passage irréversible à l’acte de leur proche ? Pour beaucoup cette phrase revient : « on ne l’a pas vu venir ». Il n’y a malheureusement pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, et sans vouloir culpabiliser qui que ce soit, pourtant si on avait voulu et su voir, on l’aurait vu venir. Nous sommes formatés pour tenter d’éviter l’angoisse, on peut même croire à tort qu’en repoussant d’un revers de main ce qui dérange, on contribue à évacuer et régler le problème. Parce que notre capacité à accepter la souffrance morale et à l’intérioriser ou pas n’est pas inscrite dans une norme, il nous faut être beaucoup plus vigilant sur les signes qui pourraient sembler anodins mais qui ont pourtant un potentiel de guider vers les extrêmes et l’irréparable. Avec plus de courage et d’empathie, et il est vrai des structures médicales adaptées, il n’y a pas de fatalité et de destin que nous ne saurions changer.

Article précedent

Nicole Bouteau fait le ménage à l’Egat

Article suivant

JOURNAL DE 7:30 LE 07/11/2017

3 Commentaires

  1. 7 novembre 2017 à 11h06 — Répondre

    est-ce que les gens qui roulent à gauche en vélo présentent des troubles mentaux?

  2. Tui Natua
    7 novembre 2017 à 12h29 — Répondre

    waaooo…… la moitie des conseillers de l’assemblee, la moitie des ministres, la moitie des flics, la moitie des medecins…..sont des malades mentaux….avouez que c mega flippant… c un pourcentage qu’on a pondu apres une nuit Vodka/Ice….c pas possible

  3. Pierre André
    8 novembre 2017 à 11h00 — Répondre

    Lors de son premier voyage à Tahiti, le Captain COOK avait déjà constaté que plus de 20% de la population présentait des troubles mentaux. Il avait rapproché cela des nombreux mariages consanguins…

Laisser un commentaire


Dernières vidéos

PARTAGER

Non il n’y a pas 42% de fous en Polynésie – Edito 06/11/2017