EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Non, la météo n’est pas la seule responsable … – Edito 23/01/2017

La vision apocalyptique que les habitants de Tahiti ont découverte au réveil dimanche matin n’est rien par rapport au cauchemar qu’ont vécu en pleine nuit des milliers d’habitants. Des maisons détruites, la peur au ventre, la fuite sous les trombes d’eau, certains se sont dit que c’était la fin. Heureusement, aucune perte humaine n’est à déplorer.

La ville de Pirae a été particulièrement touchée, la situation a de quoi vous arracher le cœur, des familles ont tout perdu, et sont devenues en moins de 24h, des SDF. L’impuissance et la frustration ressentie devant le déchainement des éléments n’est sans doute rien par rapport à la peine quand on n’a plus rien et qu’on est contraint d’accepter la charité et de devoir passer la nuit dans une salle commune.

De cette calamité, beaucoup ne retiennent pas uniquement la fatalité d’être à la merci de la météo. J’en ai eu la preuve hier lorsque nous avons ouvert notre antenne exceptionnellement un dimanche pour vous laisser témoigner en direct entre deux éditions spéciales de la rédaction. En effet, on en a eu confirmation par les autorités mais pas seulement, le facteur humain est une des causes majeures de ce désastre. C’est malheureusement tout simple, si les lits des rivières n’avaient pas été à ce point obstrués par des tonnes de troncs de bois sciés et autres détritus, une telle crue n’aurait pas eu lieu.

C’est absolument insupportable de se dire que certains n’apprennent de rien. Avec tout ce qui déjà passé, avec tous les dégâts que notre Fenua a déjà connus, non, il y en a qui ne pensent qu’à eux, qu’à leur petit confort. C’est de l’incivisme poussé à l’extrême, et ces gens sont en réalité de véritables meurtriers en puissance, car je le répète heureusement que le bilan n’a pas été plus lourd. Il s’en est fallu de très très peu. Comment peut-on oser se débarrasser de ses appareils électro-ménagers, carcasses de voitures, et surtout d’énormes rondins de bois et autres branchages dans la rivière.

Cela revient décidément souvent dans mes éditos en ce moment, la perte de tout sens commun, du bon sens au profit du « y’en a que pour ma gueule et le reste c’est pas mon problème ». Trouver des solutions pour se débarrasser de ses encombrants, ah c’est ça oui, ça doit être trop fiu. C’est navrant, mais pas seulement, c’est devenu dangereux.

Aussi passée l’émotion, la gestion des urgences et notamment le relogement de ces familles pour lesquelles nous serons tous solidaires, il va falloir enquêter et punir. Si la nature reprend toujours ses droits, il sera temps de rappeler sévèrement les leurs à ceux qui mettent leurs prochains en péril.

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3 Commentaires

  1. 24 janvier 2017 à 5h07 — Répondre

    C’est avant tout le laxisme des gens et des autorités qui est responsable de cette situation. Voyez le front de mer qui fait barrage aux eaux de pluie de la ville. On construit sans étude préalable sur les conséquences. C’est ainsi ) Tahiti…

  2. rainui
    24 janvier 2017 à 8h18 — Répondre

    MATATIA Rivière dont les cailloux on étés enlevés par le territoire et maintenant l’ eau vas 4x plus vite détruisant tout dont les ponts du territoire chez nous pas de détritus juste de l’incivisme politique..c’est qui qui paye qui paye notre CST notre TVA nous les polynésiens…

  3. simone grand
    27 janvier 2017 à 7h45 — Répondre

    d’accord avec Alexandre. l’assemblée doit voter des peines plus lourdes pour cet incivisme destructeur.

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Non, la météo n’est pas la seule responsable … – Edito 23/01/2017