EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Non on ne parle pas trop des élections de Miss et Mister à Tahiti – Edito 11/04/2017

J’ai entendu hier sur notre répondeur un monsieur se plaignant de la place trop importante qu’occupent les élections de Miss ou de Misters dans l’actualité en ce moment, prétextant qu’il y a des choses bien plus sérieuses à traiter, l’état de la société mondiale, même locale, etc. Il n’est sans doute pas le seul à penser ça.

Mon métier me conduit à voir et écouter quotidiennement quasiment tous les rendez-vous de l’information de tous les médias audiovisuels locaux, au moins, et m’intéresser à la presse écrite aussi. Et je ne peux pas faire le même constat que ce monsieur, on n’y parle pas trop de ces concours de beauté, on en parle aussi et pas exclusivement. Si l’intellect de cette personne se sent heurtée par un trop plein de futilité, qu’il cesse de se faire du mal et d’écouter les infos en pleine saison des Miss. Monsieur, Ia Orana e maeva i te porinetia, ici aucune actualité angoissante ne saurait nous faire nous désintéresser de ces concours où les enfants de notre pays ont la chance de pouvoir s’illustrer.

Car à mon sens ces élections par l’exemple qu’elles donnent valent plus que toutes les campagnes publiques contre l’obésité, ou pour la pratique d’une activité sportive régulière tant elles sont le reflet d’une jeunesse qui se prend en mains pour tenter de briller et de se montrer au meilleur de sa santé. Ces élections communales ou d’archipels ces temps-ci sont aussi l’occasion pour nos tamarii d’affuter ou d’acquérir des connaissances sur l’histoire de leur lieu de vie ou de naissance, sur leur patrimoine social et culturel. Ces concours sont en fait de fantastiques écoles de la vie absolument complémentaires et sur certains points plus efficaces par rapport à ce que l’on rabâche au lycée ou à la fac dans un cadre bien moins ludique. Apprendre à travailler son individualité au sein d’un groupe auquel on doit donner du sens et le faire s’illustrer autant que soi-même est tellement sain et pertinent.

Et voyez-vous me creuser la tête tous les jours pour vous livrer mon analyse et ma critique du monde ou de notre fenua ne m’empêche pas de produire l’élection de Mister Tahiti le 28 avril prochain. Je le dis à nos candidats, avoir plusieurs cordes à son arc est le meilleur moyen de s’en sortir dans et de lutter contre les étiquettes que les bien-pensants voudraient nous coller. L’idée n’est pas de vivre uniquement dans une quête effrénée de paillettes et de futilité au moment où notre société se cherche dans la douleur une autre identité. Mais cette particularité bien polynésienne de s’intéresser plus qu’ailleurs à ces élections, est plus une force qu’une faiblesse. On a trouvé de quoi régulièrement nous faire oublier les affres d’un quotidien anxiogène en se mobilisant derrière nos enfants pour qu’ils apprennent en s’amusant. C’est un véritable luxe polynésien alors avis aux nouveaux arrivants, ou aux vieux aigris, pour nous ça n’a pas de prix. Et au pire, rendez-vous directement sur la page des mots fléchés.

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