EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

Notre cerveau a pris cher, et c’est pas fini … – Edito 30/04/2020

Ce que l’on vient de vivre en Polynésie et que d’autres, en Métropole notamment, vivent encore, est absolument inédit. Ce que l’Histoire dans ses livres retiendra donc comme étant le « Grand Confinement de 2020 » aura conduit des milliards d’humains à rester enfermés chez eux pendant de longues semaines afin d’enrayer une pandémie. Est-ce pour autant le pire traumatisme que notre espèce ait collectivement eu à supporter sur la durée ? Manifestement non. Il n’était cette fois-ci par exemple pas question de nous cloîtrer pendant des années dans des soubassements pour éviter d’être raflé et conduit de force en camp de concentration.

Mais il faut bien tous systématiquement composer avec notre époque, et même s’il est bon de relativiser, les conséquences psychologiques qui en découlent ont aussi aujourd’hui le potentiel d’avoir des répercussions sur la vie d’après. Il sera ainsi très intéressant de voir dans quelle mesure le déconfinement progressif avec ses règles strictes modifiera notre approche de la vie sociale. Privés de contacts, de bisous, et autres embrassades, c’est une révolution culturelle qui se vit au forceps. Le souci c’est qu’elle s’accompagne aussi d’un contexte économique périlleux inédit et qu’en plus l’on doive composer avec une crainte quotidienne d’être infecté, le péril vital. Avouons que ça fait beaucoup d’un coup.

Si nous avions avant cette crise sanitaire déjà le sentiment d’avoir la pression, on risque très bientôt de la regretter dans cette mesure. Car au demeurant une des affres de ce confinement aura été l’impact sur le fonctionnement normal de notre cerveau. Des gens que l’on croyait rationnels se sont transformés en colporteurs de fausses infos complotistes. En effet la moindre vidéo publiée sur Youtube, par n’importe qui, est partagée tel un Saint Graal transcendant supposé rétablir la vérité sur l’état du Monde. C’est effrayant plus qu’affligeant en fait surtout quand on vous l’impose sans sollicitation préalable dans votre messagerie.

Comme si les infos des médias mainstreams n’étaient pas déjà suffisamment déprimantes nous voilà à devoir composer avec une abondance de preuves que l’humain devient petit à petit le renégat d’un système qu’il a appris à aimer détester.

Les repères se délitent, ces réseaux censés être sociaux étaient pourtant jusqu’à il y a peu juste une antichambre du populisme et de la haine déversée à tout va. Le confinement en amplifiant ses usages a fait de l’antichambre la pièce principale. Alors ça en plus du reste, je nous souhaite bonne chance.

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Journal de 7:30, le 30/04/2020

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Notre cerveau a pris cher, et c’est pas fini … – Edito 30/04/2020