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Notre-Dame-des-Landes: les opposants à l'aéroport "prêts à défendre la Zad"

Notre-Dame-des-Landes (France) (AFP) – Formations d’autodéfense, point information, bibliothèque: les occupants de la Zad de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), qu’ils ont baptisée « zone à défendre », s’organisent pour « résister » à toute tentative d’expulsion et poursuivent la construction de lieux de vie pour « un avenir sans aéroport ». 

A quatre semaines d’une nouvelle grande mobilisation sur le site même du projet contesté, en réponse aux annonces du gouvernement d’une évacuation et d’un début des travaux à l’automne, après la victoire le 26 juin du « oui » à un nouvel aéroport, c’est « l’effervescence » dans le bocage nantais. 

« Symboliquement », plusieurs chantiers se concentrent dans le hameau de « La Rolandière », un parmi une soixantaine de lieux de vie, situé au coeur de la « zone d’aménagement différé » de 1.650 hectares dédiée au projet d’aéroport, là où est il est prévu de construire la tour de contrôle. 

En bordure de l’une des deux routes départementales traversant la « Zad » du nord au sud, un « i » signale aux opposants de passage, de plus en plus internationaux, la présence d’un point information. 

A l’intérieur d’une petite pièce sombre, sont délivrés cartes, petites brochures du mouvement antiaéroport et informations sur « l’histoire de la lutte, où manger, où dormir, comme un office de tourisme », explique un « Camille » – prénom générique que se donnent les opposants pour conserver leur anonymat – au léger accent britannique. 

– « Ici, on va rester » –

Ce point d’accueil doit déménager dans les prochaines semaines dans l’ancienne étable attenante bientôt reconvertie en café, dans laquelle s’affaire une demi-douzaine d’occupants pour enduire les murs d’un isolant fait de terre argileuse et de paille. 

« Le gouvernement veut venir détruire et nous on construit. (…) Chaque semis qu’on plante, chaque clou, chaque planche, c’est pour dire +Ici, on va rester+ », poursuit le jeune homme, installé de façon permanente à Notre-Dame-des-Landes depuis six mois, après s’être frotté il y a quelques années à des luttes antiautoroutes en Grande-Bretagne. 

Derrière la grange voisine, dans la prairie jonchée de caravanes et de tentes, l’ancienne cabane médicale en bois, encore dénommée « La Transfu », fait place dès ce samedi à une bibliothèque. Les livres, donnés par des voisins, des bouquinistes ou des maisons d’édition « sympathisantes », s’entassent au fur et à mesure sur les rayonnages. « La Société du spectacle » de Guy Debord y côtoie des essais politiques sur Mai 68, le Larzac, l’anarchisme ou la révolution espagnole, mais aussi des ouvrages de poésie et des romans. 

Comme les autres infrastructures « en dur » construites ces derniers mois sur la « Zad », dont un hangar prévu pour l’hébergement et le stockage de matériel qui doit être inauguré lors du rassemblement du 8 octobre, cette bibliothèque montre la « détermination des opposants » à « ancrer la lutte dans la durée », souligne l’un des « bibliothécaires ». 

Contrairement à ces chantiers, des formations intitulées « Prêt-e-s à défendre la Zad », organisées sur le site chaque week-end depuis début septembre, alors que l’échéance fixée par le gouvernement se rapproche, sont fermées à la presse. 

Assimilées par le président (Les Républicains) de la région des Pays de la Loire, Bruno Retailleau, à des « camps d’entraînement antiflics », elles doivent donner à « plusieurs centaines » d’opposants les « outils » nécessaires et les « principes de base »: « Ne jamais être seul », « connaître ses droits, les armes de la police », mais aussi « se familiariser avec le terrain » lors d’une course d’orientation, assure une jeune femme qui se fait également appeler « Camille ». 

De quelques dizaines avant les premières tentatives d’expulsion, à l’automne 2012, les occupants permanents de la Zad sont désormais « plutôt 300 », témoigne un zadiste de la « première génération ». « Si opération d’expulsion il y a, elle sera de ce fait beaucoup plus compliquée », veut-il croire. Mais « s’ils attaquent la Zad ou commencent les travaux, on s’est tous mis d’accord qu’on sera dans une situation de légitime défense », annonce-t-il. 

Un panneau "zad partout", le 9 septembre 2016 à la zad de Notre-Dame-des-Landes. © AFP

© AFP LOIC VENANCE
Un panneau « zad partout », le 9 septembre 2016 à la zad de Notre-Dame-des-Landes

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