EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Nouvelle majorité : attention à la fièvre jaune – Edito 08/12/2015

Que peut bien valoir une énième union sacrée politique en Polynésie ? Quel crédit a priori peut on donner à une classe dirigeante qui, malgré les efforts et le travail de certains, reste globalement entachée par un mélange de guerre des égos, de valse des opportunistes, et de course à la sucette la plus sucrée. A Tahiti en politique, comme dans la vie quotidienne, on aime manger copieux, trop copieux. Notre grand malheur, à nous, c’est de devoir assister à leur festin et à nous contenter des miettes quand il en reste …

Oh vous savez ce n’est pas que je suis en pleine désillusion, s’il ne nous reste même pas l’espoir qu’un jour cela puisse s’améliorer alors ça ne sert plus à rien de l’ouvrir, voire même de réfléchir. Cependant, être désabusé aujourd’hui c’est peut-être davantage apprécier d’être agréablement étonné plus tard. Mais pas trop tard. A force d’atermoiements, de tâtonnements, d’actes qui contredisent les propos, on a donc le droit d’être circonspect. Quand deux ministres soutiennent factuellement de nouvelles embauches à la CPS et que dimanche soir le Président les désavoue en disant qu’il n’est pas d’accord et qu’il n’est pas au courant, ça fait un peu tache. D’ailleurs ce doute légitime est aussi entretenu par le profil même de ceux ou plutôt de celle qui est censée donner la majorité absolue au nouveau groupe que le Tapura et A tia porinetia sont censés former à l’assemblée dans les jours à venir. Que cette 29ème voix soit celle potentiellement d’une indépendantiste est une sorte de pompon. Donc Edouard Fritch s’apprête t il enfin à attraper la queue de Mickey sur le carrousel politique et gagner des tours gratuits ? C’est très possible car il a une chance inouïe, celle de pouvoir compter sur ceux qui pendant quelques courtes années ont essayé de nous convaincre, et ça a presque failli marcher chez moi, qu’à eux seuls ils pouvaient être la troisième voix, v o i x, celle qui avait le potentiel de devenir la première force politique du pays mais au final leur parcours finit par apparaître comme une voie, v o i e, de garage. C’était une posture d’attente, une stratégie qui va payer maintenant que Fritch s’est libéré de son statut de cétacé préféré de Flosse, qu’il n’est plus le Dauphin, qu’il s’est émancipé. Et ça et là, la Force Jaune, ce qu’il en reste en tout cas, voit rouge, car ceux qui la composent se demandent pour beaucoup si on ne leur a pas fait à l’envers. Car pour qu’un jeune leader ambitieux de nouveau parti, qui insufflait de l’espoir pour qu’une vie politique différente s’écrive chez nous, en incarnant un nouveau leadership, une indépendance qui faisait le charme du mouvement, en vienne, à s’inféoder comme c’est en train de se produire, c’est à se demander s’il aime sa couleur au point aussi de vouloir nous faire rire jaune. Si ma vision est floue alors je m’en excuse mais au royaume des apparences ce sont les formes qui donnent du sens, alors pour que la lecture soit juste, que le fond, publiquement, ne soit pas omis.

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Nouvelle majorité : attention à la fièvre jaune – Edito 08/12/2015