EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

On n’est plus servi ma bonne dame … – Edito 06/09/2016

Hier dans A vous la parole je faisais réagir les auditeurs aux propos de Michel Monvoisin et de l’édito qui était consacré. Mais outre le problème du prix des billets d’avion qui était le fond du débat est vite apparue une donnée criante de vérité par le biais d’une auditrice qui en avait vraiment gros sur la patate.

Pour résumer, cette dame joue le jeu pour ses transports, ses restos ou encore séjours hôteliers en payant le prix fort qu’on lui impose pour un bien ou un service qui correspond à une promesse sur le papier. Mais ce qu’elle ne peut pas accepter, c’est qu’après avoir mis la main au porte monnaie, de ne pas bénéficier du service auquel on pouvait s’attendre a minima.

Et ça c’est un vrai serpent de mer, ça fait d’aussi loin que je m’en rappelle que j’entends la même chose. Au Fenua, on aurait du personnel TRES gentil, mais qui ne serait pas à la hauteur des standards auxquels on voudrait se placer comparativement à d’autres destinations ensoleillées. En gros, on pète plus haut que notre derrière, ni plus, ni moins.

Fut un temps, ce déficit de service était une légende, un vague bruit qui avait peu d’écho, mais l’époque a changée et avec l’avènement de sites comme Tripadvisor où chaque client est limite un critique du guide Michelin, ça finit par vraiment ce savoir. Chez nous c’est beau, voire magnifique, les gens sont ultra sympathiques, mais on n’en a pas toujours pour son argent à moins de viser le très très grand luxe qui lui aussi n’est de toute façon pas exempt de commentaires parfois très acerbes.

Rome ne s’est pas faite en un jour certes, mais nous avons eu des décennies pour se rapprocher le plus possible de nos ambitions et le résultat n’est pas là. Le lycée hôtelier est un fantastique outil pour palier à ces errements en pariant sur les nouvelles générations. Les derniers projets annoncés par Jean-Christophe Bouissou de relancer des hôtels qui serviraient aux étudiants de se former dans le feu de l’action est plutôt une excellente idée et cela pourrait nous permettre de rattraper le temps perdu en leur mettant les mains dans le cambouis plus rapidement au milieu de la réalité du terrain.

Toutefois, d’ici là – car peu de chance que l’on change la donne en moins de 10 ans – si l’on veut faire en sorte d’éviter l’hémorragie de commentaires négatifs partout sur le net à propos d’un grave différentiel de rapport qualité de service/prix, il paraît évident qu’il faut rapidement redescendre les pieds sur Terre et rationaliser les tarifs par rapport à ce que l’on sait pouvoir proposer en échange ou pas. C’est bien de vouloir vendre du rêve, encore faut-il être en mesure de le faire et ne pas être nous même noyés dans la torpeur d’ambitions qui ne sont pas mises en action.

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1 Commentaire

  1. Vasseur
    7 septembre 2016 à 11h56 — Répondre

    Cela fait près de deux décennies que je peste,hôtels 5 étoiles,hauts lieux gastronomiques,tout cela c’est du pipo,il n’y a pas de Plazza Athénée,de Georges blanc,de Paul Bocuse,de Négresco,il n’y a qu’un environnement magnifique.Les employeurs brillent bien trop souvent par leurs incompétences,s’en remettant très souvent à des brigades qui n’ont rien à faire valoir.Les ambiances y sont délètère et tout cela mérite un vrai débat.

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