EMISSIONSL'édito d'Alexandre TaliercioPodcasts

On parle de pâte à tartiner – Edito 21/02/2019

Il est devenu de bon ton de s’offusquer sur la présence de la plus célèbre pâte à tartiner au petit déjeuner ou au goûter. Les médias ont largement relayé le fait que la moitié d’un pot était composée de sucre, et qu’en plus il contenait une large quantité d’huile de palme. En gros c’est principalement du gras et du sucré que l’on consomme. Mais soyons francs, jusqu’à preuve du contraire personne ne met un pistolet sur la tempe à quiconque pour l’obliger à s’enfiler le bocal en entier à la petite cuillère. Personne ne vous oblige à renouveler le stock aussi régulièrement quand, ô malheur, vous venez à en manquer.

En vrai, ce qui me dérange le plus c’est plutôt  la notion de durabilité du produit en lui-même en terme d’impact sur l’environnement. Malgré ses campagnes pour se racheter une vertu son fabriquant n’a jamais vraiment réussi à me convaincre quant à son utilisation d’huile de palme dite « responsable ». S’il s’agissait bien de cela elle serait pas produite notamment par des pauvres gens quasiment traités comme des esclaves et même des enfants, et ne participerait pas à la déforestation globale. Même si les sociétés qui l’approvisionnent ont signé une charte de bonne conduite, dans les faits peu ou pas de contrôles existent.

On dirait toutefois qu’il se passe quelque chose. Avant-hier on apprenait ainsi qu’en seulement 5 ans, la marque phare avait perdu 10 points de part de marché. De 85% en 2013, elle ne représente « plus » que 75% des ventes aujourd’hui. C’est ce qu’a révélé un article de BFMTV repris par le site de Capital. Certains disent que cela est dû à la prise de conscience des consommateurs sensibilisés au fameux « manger mieux », d’autres que cela est dû à la prise de conscience de s’inscrire dans une posture bien plus écoresponsable. Dans un cas comme dans l’autre c’est plutôt une tendance vertueuse.

Un hasard de calendrier malheureux pour le fabriquant faisait qu’on pouvait lire hier sur le site de FranceInfo que sa plus grosse usine au monde, qui en produit 600 000 pots par jour, soit un quart de la production mondiale, était à l’arrêt en raison d’un « défaut de qualité ». Selon un communiqué officiel on apprenait, je cite « qu’aucun produit actuellement sur le marché n’est concerné par la situation et que l’approvisionnement de nos clients se poursuit sans interruption ». Fin de citation. J’ai envie de dire : tant mieux, et tant pis.

Que ce soit pour ce produit, et tant d’autres aussi, il serait peut-être temps de rationaliser leur consommation. En l’espèce, la prochaine fois que vous en mangerez, regardez votre pot et demandez-vous combien d’orang-outangs ont dû périr en voyant leur habitat être réduit à néant pour vous permettre de vous accorder ce plaisir encore plus coupable qu’il n’y paraitrait.

Article précedent

Emile Vernaudon reprend cinq ans d’inéligibilité

Article suivant

L'arrivée « fantastique » d'Engelbert Humperdinck à Tahiti

Aucun Commentaire

Laisser un commentaire

PARTAGER

On parle de pâte à tartiner – Edito 21/02/2019