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OPH : le ministre du Logement veut débloquer l’accession à la propriété

Le nouveau ministre du Logement, Oraihoomana Teururai, a inscrit comme priorité de la nouvelle feuille de route 2025-2028 de l’Office polynésien de l’habitat la résolution des nombreux blocages de l’accession à la propriété. Et la situation financière de l’OPH n’est pas bonne : en 2023, il affichait un déficit de 2,7 milliards.

Sur les 4 081 logements que gère l’OPH, 1 305 ont vocation à être cédés à leurs occupants. Mais seule une quinzaine de logements sont cédés chaque année. Le ministre du Logement Oraihoomana Teururai a présenté en conseil des ministres le diagnostic réalisé par l’OPH pour identifier les freins à l’accession à la propriété : « Défaut sur des stations d’épuration et des réseaux d’eaux usées ou potables qui n’appartiennent pas à l’OPH et donc sur lesquelles l’établissement ne peux pas mener de travaux, foncier appartenant toujours à la SETIL, agrément fiscal d’opérations en défiscalisation bloqué, lotissements pour lesquels aucun certificat de conformité n’a été obtenu, sont autant de questions à régler avant de pouvoir mettre en vente les logements. Se pose également la question de la capacité financière des locataires pour accéder à la propriété. » « La régularisation de ces situations administratives complexes en complément de l’accompagnement des familles est donc une priorité de l’OPH pour ces trois prochaines années.

Le constat n’est pas nouveau. La chambre territoriale des comptes, dans son rapport de 2019, le faisait déjà, en indiquant aussi que dans bien des cas, les années d’inaction en matière de réhabilitation et de contrôle des aménagements illicites réalisés par les locataires, « le mauvais état des lotissements OPH constitue aussi souvent un frein sérieux » à l’accession à la propriété.

Rappelons que l’OPH devrait doubler le nombre de ses logements pour répondre à la demande, puisque plus de 4 000 demandes sont en attente, 7 000 en comptant les fare. Une étude de 2023 de l’Union sociale pour l’habitat indiquait que 69% des demandeurs sont des personnes en activité professionnelle, 4% sont des étudiants, et 17% sont sans activité. Le motif le plus fréquemment invoqué dans les demandes à l’OPH est la précarité ou l’insalubrité du logement (40%), tandis que l’exiguïté du logement est la motivation de 15% des demandes. Le gouvernement s’est fixé pour l’année 2025 un objectif de 600 logements.

Le taux de recouvrement des loyers plafonne à 66%

Mais les chiffres 2023 de l’OPH, récemment approuvés en conseil d’administration, ne sont pas bons. Si le gouvernement se félicite d’un taux exceptionnel de liquidation des subventions, à 96%, « la situation financière reste fragile avec un résultat déficitaire de 1,9 milliard de Fcfp sur la section de fonctionnement, et un déficit global de 2,69 milliards de Fcfp. » Le taux de recouvrement des loyers reste toujours trop faible (66%), les charges ne peuvent pas toutes être refacturées aux locataires du parc ancien, et les coûts de construction, aggravés par la crise post-Covid, ne cessent de grimper.

Trouver une stratégie sur les expulsions

Le Pays constate que « les pouvoirs publics n’interviennent que tardivement dans la procédure d’expulsion » et dit vouloir « intervenir le plus en amont possible », pour soit éviter la procédure, soit proposer « un accompagnement social et des solutions de relogement adaptées ».  Le gouvernement annonce donc un nouveau round de « groupes de travail » suivi d’une « phase diagnostique », elle-même suivie d’une « co-construction » d’un plan d’action.

Avec communiqué