EMISSIONSL'édito d'Alexandre Taliercio

Panne internet : la Polynésie, tiers monde du numérique – Edito 30/05/2016

En ce dimanche de fête des mères le Fenua a subi un véritable Black out d’internet. Pendant plus de deux heures trente il était impossible de se connecter à l’ADSL ou à la 3G.

En gros cela tombait pendant l’heure du repas et cela pouvait passer pour un moindre mal si cela n’était pas arrivé précisément aujourd’hui. Impossibilité de poster des photos du repas avec la famille sur les réseaux sociaux, et des mamans ont loupé leur session de skype ou Facetime avec leurs enfants étudiants en métropole ou ailleurs.

Ah oui, j’oubliais, pour ceux qui auraient préféré regarder la télé, c’était foutu aussi, coupure sur TNS et Vini Tv, écran noir. Des distributeurs de billets en rade, et des impossibilités de régler avec sa carte bancaire chez les commerçants. Ce n’était vraiment pas le jour et l’heure auxquels ça devait lâcher. Alors quelle est la raison cette fois-ci ? Selon un communiqué on apprend qu’il s’agissait d’un équipement défectueux. Mais de quel équipement à ce point capital peut il s’agir pour que s’il tombe en panne on n’ait pas prévu une unité de secours qui s’active dans les minutes qui suivent ?

Il y a quelques semaines encore j’entendais les uns et les autres se pavaner sur le fait que Tahiti pouvait devenir un hub mondial du numérique au milieu du pacifique. Un centre d’hébergement de gros serveurs étrangers afin de compter sur l’échiquier international. Je vais maintenant appuyer sur un bouton, qui marche, qui exprime ce que j’en pense : (rires gras enregistrés)

Et dire qu’avant de vouloir péter plus haut que son derrière il faudrait déjà avoir les compétences minimums pour savoir piloter et maintenir les outils permettant de fournir un service correct et continu à un minuscule bassin de clients qui, je me permets de le glisser à nouveau, paient le prix fort pour ça.

Quelles multinationales étrangères avec un ou deux câbles, ou 36 allez, vont avoir envie d’investir dans des Data Center chez nous quand est en mesure de se couper du monde pendant quasiment 3h. Vous pensez qu’ils vont prendre le risque ? Non. Quand on sera capables de passer pour autre chose que les tiers mondistes du numérique, peut-être pourra t on aviser.

Les excuses c’est bien, mais moins de raisons de s’excuser, c’est mieux. On est censé être à l’ère de l’internet 2.0 ? Moi je ne vois qu’un seul chiffre sur les deux qui soit vraiment représentatif de ce qu’on paye trop chèrement. Vous aussi ?

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3 Commentaires

  1. 30 mai 2016 à 11h32 — Répondre

    Oui et je pense que tu parle du 0 et pour ceux qui sont sur Viti c’était jusque tard dans la soirée.

  2. HUGUES
    30 mai 2016 à 15h47 — Répondre

    Y avait-il un technicien compétent d’astreinte sur place ou chez lui?…a t’il fallu qu’il se rende sur place (je ne sais où) pour voir ce qui se passait? Et si c’était une centrale nucléaire? un respirateur artificiel?…y a pas eu mort d’homme c’est vrai. Mais ce n’est pas sérieux. Sans sérieux pas de crédibilité. Sans crédibilité pas de crédit. Sans crédit…pas de crédit. Sans crédit…pas d’avenir.

  3. 30 mai 2016 à 16h02 — Répondre

    « Il y a quelques semaines encore j’entendais les uns et les autres se pavaner sur le fait que Tahiti pouvait devenir un hub mondial du numérique au milieu du pacifique. Un centre d’hébergement de gros serveurs étrangers afin de compter sur l’échiquier international. Je vais maintenant appuyer sur un bouton, qui marche, qui exprime ce que j’en pense : (rires gras enregistrés) »

    Cette partie m’a tué, tellement, mais TELLEMENT VRAI xD

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