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Pétition, plainte à la CPI : le conseil fédéral du Tavini entretient la flamme

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Samedi, le Tavini Huira’atira tenait son conseil fédéral. À l’ordre du jour, bilan et perspectives du parti, ses orientations et ses objectifs stratégiques. Si le parti n’a pas encore défini qu’elle allait être sa ligne de conduite pour les élections sénatoriales, pas de candidature annoncée, ni de soutien à d’autres candidats, il a fait part de la mise en place d’une pétition « pour rappeler notre droit de souveraineté ». Une pétition qui servira surtout à avoir une idée précise du nombre des sympathisants acquis à la cause de l’indépendance.

«L’histoire coloniale se répète, il n’y a pas de démocratie dans un pays sous tutelle. Pas de démocratie, pas de justice» «Pouvaana emprisonné, Temaru l’homme à abattre» : les banderoles désormais familières flottaient sur la salle Piafau à Faa’a, où se tenait samedi le conseil fédéral du Tavini qui a rassemblé un peu plus de 200 personnes. Représentants du parti indépendantiste à l’assemblée, conseillers (ères) municipaux, présidents des différentes fédérations du parti indépendantiste, ainsi que des militants de la première heure, mais aussi la relève.

Deux ateliers étaient proposés aux militants. L’un abordait la question «Qui sommes nous Tavini huira’atira, pourquoi?». L’autre portait sur une question non moins importante, «Pouvons-nous devenir indépendants? Comment? Quand?».

Eliane Tevahitua, représentante du Tavini à l’assemblée de la Polyné[email protected]

Le premier atelier était animé par Eliane Tevahitua, élue à l’assemblée de Polynésie. Pour la représentante, ce qu’il faut retenir des interventions du public, c’est «être Tavini, c’est servir son peuple pour qu’il accède à l’indépendance. (…) L’accession à l’indépendance c’est la seule façon de montrer notre identité. Sans être dans le conflit, ni dans le racisme.(…) Nous sommes Polynésiens donc c’est normal que nous existions par nous-mêmes en tant que peuple.»

Quant au second atelier animé par Steve Chailloux, secrétaire général adjoint du Tavini, là aussi les intervenants ont été nombreux et ce qui en est ressorti, c’est « nous nous battons pour notre dignité, nous nous battons pas contre les Français, mais contre l’État français. Nous ne sommes pas là pour exclure les gens de notre pays, la question est: quand est ce que nous allons pouvoir décider pour nous-mêmes et par nous-mêmes.»

Steve Chailloux @P.Bastianaggi

À ce sujet Steve Chailloux partage l’avis de Richard Tuheiava, ancien sénateur et représentant à l’assemblée qui a pris la parole en reconnaissant «que beaucoup de Polynésiens ont peur de divorcer de la France.» «C’est effectivement la difficulté que nous rencontrons», admet Steve Chailloux qui précise, «nous avons vécu plus d’un siècle avec un logiciel particulier dans nos têtes qui est celui de dire que sans le secours de la France, nous ne sommes rien. Et cela forge des mentalités et des états d’esprits qu’il est très compliqué de rattraper, et c’est là le combat du Tavini huira’atira.»

Le Plaquénil pour lutter contre le covid-19

Après les ateliers l’heure était aux questions diverses dont la question sanitaire en Polynésie avec comme intervenant, le docteur Jean-Paul Théron. Pour lui, l’ennemi public n°1 à abattre est le diabète. «Au bout de 40 ans d’exercice en Polynésie, je peux dire avec certitude que le diabète est est une maladie épouvantable qui nous coûte des dizaines de milliards tous les ans et ce n’est pas fini. Quasiment toutes les familles polynésiennes sont touchées par cette maladie.» Selon le médecin, pour vaincre cette maladie, il faut que les politiques lui mènent une guerre sans merci.

Quant au covid-19, pour le docteur Théron, la solution passe par le Plaquénil. «Il n’est pas miraculeux, mais il est utile.» Regrettant que quelques «umara» au pouvoir à Tahiti aient interdit la prescription de ce médicament via un «un arrêté imbécile» , qu’il a contesté avec trois autres médecins devant le tribunal administratif, il demande à la population de faire pression dans la rue pour que ce traitement «mis au point en Chine et administré à Marseille par le professeur Raoult» soit mis en œuvre en Polynésie. «ce traitement est utile et peut nous permettre de traverser l’épidémie. Pas sans dégâts, mais avec beaucoup moins de dégâts.»

Rappelons qu’aucune étude à ce jour n’a confirmé l’efficacité de ce traitement.

Un appel aux victimes du nucléaire pour qu’elles déposent plainte pour crime contre l’humanité

L’ancien sénateur et représentant Tavini à l’assemblée, Richard Tuheiava, a pris la parole pour faire le point sur les communications déposées par le Tavini et par l’Église protestante ma’ohi à la Cour pénale internationale pour «crime contre l’humanité» au sujet des essais nucléaires français en Polynésie. Mais pour qu’il y ait procès, il faut qu’il y ait des plaintes individuelles de personnes ayant souffert de ces essais.

Et ces plaintes doivent viser des personnes en nom propre «La Cour pénale internationale reçoit des plaintes de particuliers contre des particuliers. Ce ne sera même pas contre l’État, ce sera nécessairement contre un fonctionnaire de l’ État ou des gens survivants des essais qui étaient dans l’équipe du CEA ou du CEP, ou contre Emmanuel Macron», précise l’ancien sénateur.

Une pétition pour compter ses troupes

Politiquement parlant, si le Tavini n’a pas fait pour l’heure de choix bien arrêté concernant les sénatoriales, ni candidature annoncée, ni soutien et cela malgré Chantal Galenon qui a lancé un appel solennel à Oscar Temaru pour qu’il se présente, «comme cela tu auras l’immunité parlementaire», l’information à retenir de ce conseil fédéral a été sans conteste la mise en place d’une pétition. «Une pétition qui rappelle notre droit de souveraineté, notre droit de propriété sur toutes les ressources de ce pays et aussi pour qu’il y ait une justice dans ce pays.» Une pétition qui prendra naissance vendredi 31 juillet au matin devant le palais de justice de Papeete et qui voyagera à travers la Polynésie. «L’année prochaine à notre congrès en juillet, on sera fixé sur le nombre de soutien que l’on a dans ce pays. On saura où on va », dit Oscar Temaru.

Quant aux péripéties judiciaires de l’homme fort du Tavini, pour l’heure elles sont au point mort. Il n’y a toujours pas de date quant au référé intenté contre le procureur de la République Hervé Leroy qui est dépaysé en Nouvelle-Calédonie et toujours pas de date pour le procès en appel de Radio Tefana. Seul fait nouveau, une plainte a été déposée vendredi par les conseils d’Oscar Temaru, Me Girard et Me Cross, contre le procureur Hervé Leroy, «pour diffamation car il a dit dans les médias que j’avais été condamné dans l’affaire Radio Tefana, alors que j’ai fait appel. Il y a tout de même la présomption d’innocence» conclut Oscar Temaru.

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1 Commentaire

  1. Microstring
    27 juillet 2020 à 7h28 — Répondre

    SVP! Ne mélangeant pas démocratie et indépendance. Voyez ce qui se passe en Afrique…

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